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VOLCYR (VOLKYR, VOLSKYR, WOLKIER, WOLQUIER) de SÉROUVILLE Nicolas (Nicole)

Secrétaire et historiographe, érudit « polygraphe », musicologue, (C) (★ Serrouville, Meurthe et Moselle, vers 1480 † Nancy après 23.5.1541, jour de son testament, avant 1542/1544, date où ses armes sont données à un tiers et où son épouse est désignée comme veuve). Bien que clerc, mais sans avoir reçu les ordres majeurs, Volcyr se maria en 1540. L’identité de sa femme est inconnue. Après des études commencées en Lorraine, Volcyr étudia la théologie à Cologne, où il acquit le grade de docteur en théologie, puis à Paris où il obtint la maîtrise ès arts en Sorbonne. De retour en Lorraine vers 1510, Volcyr attira l’attention du duc Antoine Ier. Celui-ci l’admit parmi ses secrétaires le 1er janvier 1513, puis le nomma son historiographe et l’anoblit le 18 août 1520. À partir de cette date, Volcyr fit partie de la cour ducale et du cercle des lettrés et des savants, dont le duc Antoine aimait à s’entourer. Volcyr intéresse l’Alsace parce qu’il accompagnait comme correspondant de guerre l’armée du duc Antoine Ier de Lorraine, sous le commandement de son frère Claude de Guise, durant son expédition contre les paysans alsaciens en mai 1525. Témoin oculaire des faits, il décrit crûment les atrocités commises par la soldatesque. Grâce à sa vaste érudition, il met en perspective biblique et historique les « hauts faits » du prince, massacrant allègrement les « rustauds » à Saverne, Lupstein, et Scherwiller.
Il contribue ainsi au mythe héroïque du duc lorrain, soldat chrétien partant en croisade contre les infidèles. En revanche, il diabolise « les mécréants luthériens » du pays d’Alsace, qui, par rustauds interposés, menaçaient l’ordre établi. Ses observations de chroniqueur militaire lui laissaient assez de loisirs pour s’intéresser aux antiquités archéologiques de l’abbaye de Marmoutier, où l’armée ducale campait le 18 mai au soir. Il décrit la colonne romaine et l’inscription lapidaire encastrées dans les murs du chœur de l’ancienne abbatiale. Sans sa vive curiosité, ces détails architecturaux d’Alsace auraient à jamais sombré dans l’oubli. Volcyr rapporta les événements de cette guerre de religion alsacienne en partisan « catholique » et en parfait homme de lettres.

L’histoire et recueil de la triomphante et glorieuse victoire obtenue contre les seduycts et abusez luthériens du pays Daussays (= d’Alsace) et autres, par très hault et très puissant prince et seigneur Anthoine, par la grâce de Dieu, duc de Calabre, de Lorraine et de Bar, etc. en deffendant la foy catholique, nostre mere l’Eglise et vraye noblesse …, slnd [Paris, 1526 ou 1527], Bibliothèque nationale (3 exemplaires), Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (2 exemplaires). Réédition : « Relation de la guerre des rustauds par Nicole Volcyr », dans Recueil de documents sur l’histoire de Lorraine, publication de la Société d’archéologie lorraine, Nancy, 1856.

A. Calmet, « Volskir ou Volkir ou Vozir (Nicolas) », dans Bibliothèque lorraine ou Histoire des hommes illustres qui ont fleuri en Lorraine, Nancy, 1751, reprint Genève 1971, c. 1032-1033 ; J.-C. Brunet, Manuel du libraire, t. 4, Paris, 1843, p. 679 – 680 ; A. Digot, « Notice biographique et littéraire sur Nicolas Volcyr, historiographe et secrétaire du duc Antoine », Mémoires de la Société des sciences, lettres et arts de Nancy [Mémoires de l’Académie de Stanislas], 1848, Nancy, 1849 ; idem, Histoire de la Lorraine, t. 4, 2e éd., Nancy, 1880, p. 5-95, 140-142 ; P. Marot, Notes sur Nicolas Volcyr de Serrouville, historiographe du duc de Lorraine Antoine, Nancy, 1931 ; R. Barroux, « Volkyr ou Volcyr de Sérouville (Nicole) », Dictionnaire des lettres françaises, publié sous la direction de G. Grente, Le seizième siècle, Paris, 1951, p. 707 ; K. W. Niemöller, « Die Musica Gregoriana des Nicolaus Wollick : Opus aureum, Köln 1501, pars I / II », Beiträge zur rheinischen Musikgeschichte 11, Cologne, 1955 ; A. Pelletier, « Volkier… Volkeir (Nicol) », dans Nobiliaire de Lorraine et du Barrois, t. 1 (1re partie) contenant les anoblis, Paris, 1974, p. 833 ; G. Cabourdin, La Lorraine entre France et Empire germanique de 1480 à 1648, Strasbourg, 1975, p. 33 ; G. Heumann, La guerre des paysans d’Alsace et de Moselle (avril – mai 1525), Paris, 1976 ; Histoire de Nancy, sous la direction de R. Taveneaux, Toulouse, 1978, p. 119-120, 194-195.

† René Bornert (2002)