GREINER

Ancienne famille du patriciat d’Augsbourg. Elle remonte à Jacob Greiner, sachetier, cité en 1504. Son fils Jacob II Greiner († Augsbourg 1577) obtint le 11 septembre1539 de l’empereur Ferdinand II des lettres d’armoiries. La lignée continue avec Philipp Greiner († Augsbourg 1608), négociant aisé, qui obtint de l’empereur Rodolphe II une amélioration d’armoiries et des lettres de noblesse le 18 avril 1602. La famille Greiner traita au XVIe siècle d’importantes affaires commerciales avec la famille Ingold. C’est le fils de Philipp, Bernard alias Wernhard Greiner qui quitta Augsbourg, renonça à son droit de bourgeoisie en 1513, et ∞ 1614 à Bâle Saint-Léonard, Ursula Staehelin, remariée avec Johann Conrad Wieland, greffier des villes et bailliage de Riquewihr. Philippe Greiner (★ Bâle, Saint-Léonard, 24.12.1615 † Mittelwihr 30.1.1668), tonnelier et prévôt continua la lignée. Il est l’ancêtre des Greiner de Riquewihr, Mittelwihr, Hunawihr, Colmar et en partie de Strasbourg.

Stadtarchiv Augsburg; Staatsarchiv Basel; Archives départementales du Haut-Rhin et mairies: registres paroissiaux et état-civil de Beblenheim, Mittelwihr, Riquewihr et Strasbourg; Der Herren Geschlechter des heil. Rom. Reich Statt, Augsburg, 1613; Das neue deutsche Wappenbuch Dritter Theil, Nuremberg, 1656; Armorial de la généralité d’Alsace, 1861; J. B. Rietstap, Armorial général, 2 vol. Gouda, 1887-1888; Gust. A. Seyler, Abgestorbener Adel, 1906; La bourgeoisie alsacienne, Strasbourg, 1967; E. Mayer, «Généalogie Greiner», Bulletin du Cercle généalogique d’Alsace, mai 1987.

1. Jean-David

Propriétaire-viticulteur à Mittelwihr, membre du Landesausschuss d’Alsace-Lorraine, (Pl) (★ Mittelwihr 29.4.1836 † Mittelwihr 30.9.1910). Fils de Jean Greiner (★ 1806 † Mittelwihr 1883), propriétaire viticulteur et maire de Mittelwihr de 1826 à 1848, et de Marie Salomé Henny (★ 1811 † 1891). ∞ 7.9.1863 à Guémar Marie Rudolph (★ Guémar 31.7.1844 † Mittelwihr 15.7.1894), fille du docteur en médecine Ernest Bernard Rudolph, et de Guillaumette Huss; 3 enfants. Maire de Mittelwihr de 1881 à 1910. Personnalité marquante dans l’agriculture et la viticulture, il fit partie de la commission Pferdeprämierung d’Alsace. Membre du Deutsche Landwirtschaftsrat pendant plusieurs années. Membre du comité Landwirtschaftliche Berufsgenossenschaft Ober-Elsass. De 1896 à 1900 il défendit les intérêts de l’arrondissement de Ribeauvillé au Landesausschuss.

Archives familiales; Elsass-Lothringische Gemeindezeitung du 13.10.1910.

2. Jean Michel Edmond

Docteur en médecine, (Pl) (★ Strasbourg 28.7.1861 † Strasbourg 9.1.1935). Fils d’Eugène Greiner, (★ Strasbourg 1832 † Belfort 1908), directeur de la Banque de France à Belfort, licencié en droit, et de Marie Caroline Lauth (★ Strasbourg 1838 † Strasbourg 1927). 24.7.1902 à Strasbourg Pauline Amélie Lauterbach © (★ Wissembourg 23.6.1867 † Strasbourg 1950), fille de Charles Lauterbach (★ 1839 † 1922), notaire à Strasbourg, et de Pauline Huber (★ 1840 † 1905). Études primaires à Strasbourg puis à Bar-le-Duc (d’où sa grande amitié avec le président Raymond Poincaré), études secondaires, bachelier ès lettres en 1878 (académie de Dijon). En 1880 bachelier ès sciences (académie de Clermont). Études de médecine. Opta pour la France en 1872. Exerça comme médecin à Belfort. En 1909 s’établit à Strasbourg où il se consacra à des travaux scientifiques. Le 31 juillet 1914 passa en Suisse, puis se rendit à Vesoul, où il se mit à la disposition de la Croix-Rouge, et y créa un poste de secours pour les blessés. Très lié au président Raymond Poincaré, qui venait loger chez lui à Strasbourg. Chevalier de la Légion d’honneur en 1920.

Archives familiales; L’Alsacien et Lorrain de Paris du 25.1.1920; Dernières Nouvelles d’Alsace du 5.6.1929 (portrait).

3. Frédéric Paul

Propriétaire-viticulteur-négociant à Mittelwihr, (Pl) (★ Mittelwihr 6.1.1871 † Mittelwihr 26.6.1927). Fils d’Edmond Greiner ©. Célibataire. Études au Gymnase de Strasbourg, puis à l’École supérieure de Commerce à Paris; visita l’étranger, l’école vinicole de Geisenheim, puis s’installa au village natal où il ne tarda pas à se faire un nom dans la viticulture. Il s’occupa spécialement de l’œuvre de la reconstruction du vignoble alsacien. Avant 1914, le Conseil d’agriculture d’Alsace-Lorraine l’envoya siéger à la première Chambre. Il a lutté contre la politique allemande de viticulture extensive, réussissant à maintenir grâce aux cépages réputés la qualité des grands crus d’Alsace. Maire de Mittelwihr de 1918 à 1927. Membre de la Chambre de Commerce de Colmar. Président fondateur du Syndicat des négociants en vins- viticulteurs du Vignoble alsacien de 1913 à 1927. Président de la Société des grands crus d’Alsace à Paris, créée par lui, le 30 juin 1921. Membre du conseil d’administration des Mines de Potasse d’Alsace. Membre de la Loge la Fidélité de Colmar à partir de 1919. Ardent et dévoué défenseur des crus d’Alsace: si de nos jours on estime en France les vins fins d’Alsace, une grande partie du mérite lui en revient. C’est sur son initiative que fut créée à Paris «la Cigogne», où l’on débitait exclusivement des vins alsaciens. Il a contribué pour une large part à la création des sections vinicoles des expositions: Pasteur en 1923, Bruxelles en 1924, Coloniale à Paris en 1925, la foire de Bordeaux en 1925, des Arts décoratifs et la foire gastronomique de Strasbourg en 1926, où les vins du pays obtinrent un grand succès. Chevalier de la Légion d’honneur, 1926. Officier du Mérite agricole. Commandeur de l’ordre du Nichan-Iftikar.

Archives familiales; Regierung und Landtag von Elsass-Lothringen 1911-1916. Legislaturperiode, Biographisches statistisches Handbuch, Mulhouse, 1912, p. 135; Journal d’Alsace-Lorraine du 7.3.1926 ; Neueste Nachrichten du 25.2.1926; Dernières Nouvelles de Strasbourg du 28.6.1927; Elsässer du 29.6.1927; Journal d’Alsace-Lorraine du 28 et 30.6.1927; Journal de l’Est du 30.6.1927.

4. Catherine Salomé Élisabeth

Infirmière major, lieutenant de la France libre, (Pl) (★ Altkirch 22.8.1883 † Brumath 5.7.1972). Fille de Frédéric Guillaume Greiner, directeur d’usine à Altkirch, et de Marie Salomé Farny. Célibataire. S’engagea comme infirmière de la Croix-Rouge, dans l’armée française en 1914. En 1920 fut nommée infirmière major à l’hôpital militaire de Meknès au Maroc jusqu’en 1937. Revint en France, repartit comme directrice du Centre antituberculeux de Casablanca. En 1940, s’engagea au consulat britannique de Rabat. Arrêtée par des agents de Vichy, transférée à la prison de Clermont-Ferrand, elle bénéficia d’un non-lieu. Retour en Afrique du Nord et de là à Londres, puis débarquement en Normandie. En août 1945, à Berlin comme attachée aux affaires allemandes et traductrice anglais-allemand. Elle se retira à Strasbourg en 1949, ayant atteint la limite d’âge.

Éric Mayer (1988)