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GOTTFRIED de HAGUENAU, (GÖTZO von Hagenowe)

Poète strasbourgeois de la fin du XIIe/début XIVesiècle (l’appellation « Minnesinger », dans Sitzmann n’est pas pertinente). Les informations sursa biographie proviennent du prologue de son manuscrit, de son épitaphe et des chartes du chapitre de Saint-Thomas. Issu d’une famille de ministériaux de l’évêque (cf. Reinmar von Hagenau ©), il fit à Paris des études de médecine et de théologie, puis pratiqua la médecine à Strasbourg. Candidat chanoine à Saint-Thomas, il fut débouté, mais un procès jusqu’en cour de Rome (1300) lui reconnut ses droits. On lui doit la fondation de la fête de la Conception de Marie (8 décembre), attestée le 12 janvier 1307. Son œuvre est essentiellement un poème latin de 5 000 vers sur les fêtes de la Vierge, dédié au prélat Conrad de Lichtenberg (1293), le Liber sexfestorum beatae Virginie, dont le manuscrit sans doute autographe était conservé à la cathédrale, mais fut détruit en 1870. Cette Versificatura en vers léonins se signale surtout par une rhétorique acrobatique dont le mode d’emploi est explicité par des annotations des premiers et derniers feuillets. L’auteur envisage un emploi scolaire de son ouvrage comme l’attestent les glosulae, résumés en prose servant de table des matières, à la manière du Doctrinale d’Alexandre de Villedieu, en usage dans les écoles jusqu’au XVe siècle. Bien qu’à la limite de la lisibilité, le texte mérite d’être signalé en tant que témoin du culte de Marie qui se répand à la fin du XIIIe siècle (cf. les Miracles de Gautier de Coincy), et par une originale description de la bataille de Hastings.

Meyer, « Esquisse sur l’Alsace littéraire au Moyen Âge », Revue d’Alsace, 1872, p. 349 ; Ch. Schmidt, «Gottfried de Haguenau, poète du XIIIe siècle», Revue d’Alsace, 1873, p. 145-180; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 1, 1909, p. 630 ; A.-M. Burg, «La littérature latine en Alsace au Moyen Âge et Gottfried de Haguenau», Revue des études latines, 37, 1959, p. 80 ; V. Schupp, «Die Mariencantilenen des Gottfried von Hagenau», Mittellateinisches Jahrbuch,18, 1983, p. 256; Encyclopédie de l’Alsace, VI, 1984, p. 3431.

Armand Strubel (1988)