WIEDERKEHR Dominique

Fabricant de machines agricoles à Sand, puis à Sélestat, (C) (* Lüttingen 21.4.1823 † Sélestat 28.9.1896). Lüttingen se trouve dans le sud du Grand-Duché de Bade, anciennement un faubourg de Laufenburg, ville helvétique. Il est le fils naturel de Rosina Wiederkehr (* 22.04.1791 † 13.01.1858 Lüttingen) et le petit-fils d’un batelier du Rhin. D. Wiederkehr épouse le 10.3.1858 Madeleine Stadelmann, née à Buhl (Haut-Rhin) le 14.9.1831, fille de Jean Dominique Stadelmann, journalier à Buhl (* 29.11.1785 † 27.07.1843) et de Madeleine Simon, native de Bergholtz (* 09.06.1794 † 05.02.1834). Cette famille Stadelmann va se développer à Châtenois. La présence des Wiederkehr à Lüttingen semble attestée à partir du début du XVIIIe siècle. Pareillement, les Stadelmann, originaires de Suisse, se sont fixés à Buhl à la même époque. Dominique Wiederkehr et son épouse Madeleine eurent de nombreux enfants, parmi lesquels, outre Edouard, il y eut Charles Paul (* 30.01.1864 Sélestat † 20.08.1939 idem) et Henri Auguste (* 14.05.1865 Sélestat † 03.12.1924 idem).

Wiederkehr fut d’abord apprenti, puis associé chez le meunier Louis Albrecht (1813-1867, demi-frère de François Ignace Albrecht., 1810-1884, meunier, maire de Sélestat, député ©) à Sand, qui fut son mentor. Après un premier incendie en 1860 du très prospère moulin, D.W. s’est établi à Sélestat, sur la route de Châtenois, à proximité de la gare. Il acquiert une seconde machine à vapeur dès 1862. « Mécanicien », à l’époque déjà spécialisé dans les pressoirs, D. Wiederkehr fut primé pour plusieurs de ses fabrications lors du Concours régional agricole à Strasbourg (19 au 27 mai 1866). Situées hors des fortifications, la maison d’habitation, ainsi que la totalité de l’outil de production, y compris la machine à vapeur, l’« âme de l’entreprise », furent réduites au niveau du sol pour les besoins de la défense de Sélestat lors de la guerre franco-prussienne de 1870. Après avoir trouvé refuge à Sermersheim, puis à Kogenheim, D. Wiederkehr revint à Sélestat pour recommencer ses fabrications, non sans difficultés, à la « Lohmühle », à proximité de la première localisation.

Antoine Gaugler, Guy Duportail (janvier 2019)