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SANSBOEUF Joseph

Architecte, militant social, homme politique, (C) (★ Guebwiller, 6.11.1848 † Paris 17.4.1938). Fils de Joseph Sansboeuf (1819-1878), tourneur, et de Marie-Ursule, ouvrière de fabrique. ∞ 1841. Commis dans l’entreprise de l’ingénieur-architecte Jean-Jacques Ziegler-Schlumberger, avant 1870, il fut associé à la direction de travaux importants, notamment la construction du système d’écluses du lac du Ballon, situé sur les hauteurs de Guebwiller. Combattant de l’armée du Rhin au cours de la guerre de 1870, sergent-major Joseph Sansbœuf de la 8e compagnie de la Garde mobile fut fait prisonnier de guerre à l’issue de la capitulation de la place de Neuf-Brisach le 10 novembre 1870. Envoyé à Rastatt en Allemagne, il fut libéré au mois de mars de l’année suivante. En 1871, il s’installa à Paris où il devint architecte et où il opta pour la France le 27 août 1872. Il contribua alors, avec d’autres Alsaciens, à dynamiser la vie associative parisienne, notamment dans le domaine de la gymnastique dans lequel il s’illustra en 1873 en tant que membre fondateur de l’Union des Sociétés de Gymnastique de France (USGF) dont il fut le président à partir de 1887. Il rejoignit également l’Association Générale des Alsaciens-Lorrains (AGAL) de Paris et il fut le Président fondateur de la Fédération des Sociétés Alsaciennes-Lorraines de France et des Colonies (FSALFC). Dans les années 1880, il s’illustra aux côtés de Pierre de Coubertin, Paul Déroulède et Jean Macé afin de mettre en place de nouvelles structures visant à créer une jeunesse forte dans lesquelles la gymnastique et plus globalement les activités physiques et militaires fussent prioritaires. Il joua également un rôle dans la création des Jeux Olympiques aux côtés de Pierre de Coubertin ©. Membre fondateur de la Ligue des Patriotes, en 1882, il en devint même le président pendant huit mois, en 1887, avant de manifester sa sensibilité anti-boulangiste et de s’engager dans la vie municipale en tant que maire-adjoint du VIIIe arrondissement de Paris. En 1888, il s’illustra à nouveau, aux côtés de Georges Clemenceau et Jean Macé, en tant que membre de la Ligue Nationale de l’Education Physique (LNEP). En 1903, il devint président général de la Société nationale de retraites des Vétérans de 1870, poste qu’il occupa jusqu’à sa mort. Inhumé à Guebwiller.

Joseph Sansboeuf, « Les sociétés de gymnastique en France », Encyclopédie Larousse, p. 743-745, Paris, 1899 ; M. Hamel, « Les Alsaciens à Paris : M. Joseph Sansboeuf », L’Alsace Française, p. 733-735, 1931 ; W. Charpier, La Société des Gymnastes Alsaciens et ses transformations (1860-1996), Thèse de doctorat en STAPS non publiée, Université de Strasbourg, 1997.

Philippe Tomasetti (2007)