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SANDRAT

Abbé bénédictin de Wissembourg (981 † Gladbach près de Cologne 22.8.985 ou 986). Sandrat fut d’abord moine de l’abbaye de Saint-Maximin à Trèves, centre de diffusion d’un important mouvement de renouveau monastique dans tout l’ouest de l’empire germanique. Dès 963, il s’engagea dans la réforme monastique, voulue par l’empereur Otton 1er (936-973), son frère Brun, archevêque de Mayence (953-965), sa femme l’impératrice Adélaïde ©, la future fondatrice de l’abbaye de Seltz. Soutenu d’abord par l’empereur Otton II (967-983) et par Adélaïde, il devint le premier abbé de la nouvelle fondation de Gladbach (974-981). Il s’y heurta à l’opposition de l’archevêque de Cologne, Warin, protégé de l’empereur, et il dut chercher refuge auprès de l’impératrice Adélaïde. Ardent promoteur de la réforme  monastique franque ou germanique, il fut chargé de mission à l’abbaye de Saint-Gall en Suisse (entre 964 et 966), occupa temporairement (vers 975) le siège abbatial d’Ellwangen (Wurtemberg), intervint à l’abbaye d’Amorbach (Odenwald) et peut-être même à celle de Fulda. Cette activité rénovatrice l’amena à participer à la rédaction des observances monastiques, dites « franques » ou « lorraines », qui provoquèrent un nouvel élan monastique dans les régions occidentales de l’empire. En 981, il accéda, grâce à l’appui de la cour d’Otton II, à l’abbatiat de Wissembourg. Il dut faire face aux spoliations du duc Otton de Worms, dit encore Otton de Carinthie, qui s’appropria par violence (vers 985) une grande partie du patrimoine monastique. Cette déception le détermina à retourner à l’abbaye de Gladbach.

Corpus consuetudinum monasticarum, ed. K. Hallinger, t. VII/3, Siegburg, 1984, p. 273 : Sandrat influença la rédaction dite de Fulda ou de Trèves, des Constitutions monastiques germaniques ou franques, codifiées seulement plus tard entre 1000 et 1018.

Les notices anciennes de J. Rheinwald, L’abbaye et la ville de Wissembourg, Wissembourg, 1863, p. 52-54, et de Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 649-650, ont été complètement dépassées par les recherches plus récentes de K. Hallinger, Gorze-Kluny. Studien zu den monastischen Lebensformen und Gegensätzen im Hochmittelalter, t. I, Rome, 1950, p. 106-107, 187-198, 893 ; W. Classen, « Abt Sandrat », M(ünchen) Gladbach. Aus Geschichte und Kultur einer rheinischen Stadt, ed. R. Brandts, München Gladbach, 1, 1950, p. 9-13 ; K. Hallinger, « Neue Forschungen über Willigis von Mainz (975-1011) », Studien und Mitteilungen zur Geschichte des Benediktiner-Ordens, 84, 1973, p. 24, 28-32 ; H. Bangue, W. Löhr, « Gladbach », Die Benediktinerklöster in Nordrhein-Westphalen (Germania Benedictina, 8), St. Ottilien, 1980, p. 327-329.

René Bornert (1998)