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SAGLIO Michel

Industriel, homme politique (★ 1759 † 1849). Fils de Bernardin Joseph Saglio ©. ∞ 1788 Catherine Arnold ; 3 enfants. Il fut associé à l’affaire familiale de commerce de garance dès 1764 et succéda à son père peu avant la mort de celui-ci. Il développa l’entreprise fondée par son père en ajoutant au séchage de la garance sa transformation en poudre colorante. Il étendit la gamme de ses activités au commerce et au foulage du tabac, autre secteur florissant de l’agriculture alsacienne. En 1793, fuyant la terreur jacobine, il se réfugia à Rastatt, Bade, où il ouvrit un restaurant fréquenté par les émigrés et les diplomates et où il pratiqua la contrebande avec son frère Joseph ©, resté sur l’autre rive du Rhin comme officier dans l’armée française. Il revint deux ans plus tard pour profiter de l’amnistie du 28 frimaire an III. Mais il fut interné pour avoir exercé des fonctions municipales pendant la période où Haguenau avait été occupée par les Impériaux. Il fut libéré grâce à l’intervention de son frère Joseph. Il obtint alors l’autorisation de s’installer à Strasbourg. Son entreprise de négoce se développa beaucoup entre 1800 et 1803, durant la période de retour à la paix, notamment avec le transit et l’expédition des denrées coloniales, vers l’Allemagne. Le rétablissement du blocus maritime par l’Angleterre en 1803 favorisa l’essor du commerce d’importation et d’exportation par Strasbourg aux dépens des ports de mer français. En 1804, il s’associa officiellement avec Joseph, qui quitta l’armée, et avec son autre frère, Florent. Ils acquirent un vaste bâtiment à usage d’entrepôt à Molsheim. En 1810, les trois frères se retirèrent des affaires à la suite du décret de Trianon, qui taxa très lourdement les denrées coloniales, et cédèrent la maison de commerce à deux de leurs neveux qui continuèrent sous la raison sociale de van Recum et Cie. Dès 1808, Saglio investit une partie des profits retirés de son activité commerciale dans les forges d’Audincourt, qu’il racheta, en association avec Théodore Humann © (gendre de son frère Florent Saglio) et François Pierre Gast. En 1824, les trois propriétaires transformèrent les forges d’Audincourt en une société anonyme à laquelle participa également Florent Saglio. Michel Saglio prit également une participation importante dans la Société du Canal Monsieur (le canal Rhône-Rhin) et acheta une grande propriété à Walbourg. Maire de Walbourg, il siégea au Conseil général du Bas-Rhin de 1808 à 1833 et fut élu député le 22 août 1815, puis réélu en 1816 pour trois ans. Il fut également président de la Chambre de commerce de Strasbourg et siégea au Tribunal de commerce.

Himly, Chronologie de la Basse Alsace, Strasbourg, 1972, p. 186, 202, 213 ; M.-A. Calame et alii, Trois familles industrielles d’Alsace. Les Bussierre. Les Saglio. Les Schlumberger. Mémoires réunis et présentés par Michel Hau, Strasbourg, 1989.

Michel Hau (1998)