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REINACH HIRTZBACH

  1. Melchior,

général († Bad Hersfeld, Hesse, 1640). Fils de 8. ★ 8.11.1624 à Luemschwiller ∞ Ursula von Reinach-Steinbrunn, fille de Johann Diebold et de Maria Cleophe Degelin von Wangen ; 5 enfants. Page de l’archiduc d’Autriche Maximilien, puis au service du duc de Toscane contre les Turcs. Colonel d’un régiment bavarois, puis général impérial pendant la guerre de Trente Ans, il n’occupa jamais son poste de bailli de la seigneurie d’Altkirch que l’archiduchesse Claudia lui confia après le décès de son frère Jean Beat. Gravement blessé en 1640 devant le château de Friedenwald, il mourut et fut inhumé à Bad Hersfeld.

Archives départementales du Haut-Rhin, 108 J 87/57 ; F.-J. Fues, Die Pfarrgemeinden des Cantons Hirsingen, Rixheim, 1879, p. 227 ; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 528 ; Lettre du 26 novembre 1977 de Wolfgang Hallermann, de Laasphe Sassmanshausen, à Maurice de Reinach-Hirtzbach ; J. Perrin, « L’administration de la seigneurie d’Altkirch avant la guerre de Trente Ans », Annuaire de la Société d’histoire sundgauvienne, 1978, p. 136.

  1. Jean Thibaut,

administrateur, conseiller († Porrentruy 19.3.1678). Fils de 30. ∞ 17.7.1650 Anne-Marie Ève de Reinach-Steinbrunn, fille de Guillaume de Reinach et de Sophie Truchsess de Wolhausen ; 17 enfants. Reinach fit des études à Constance et à Ingolstadt. Entré dans l’armée française, il prit part à plusieurs campagnes dans les Flandres. Par la suite, il devint conseiller intime et intendant général (Geheimrath et Landhofmeister) de l’évêque de Bâle.

Manuscrit, 1862, p. 43 ; F.-J. Fues, Die Pfarrgemeinden des Cantons Hirsingen, Rixheim, 1879, p. 227-228 ; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 528.

  1. Jean Conrad,

prince-évêque de Bâle (★ Michelbach 28.8.1657 † Porrentruy 19.3.1737). Fils de 31. Études au collège des Jésuites de Porrentruy, à partir de 1673, et au Collège germanique de Rome. Malgré son jeune âge, ses supérieurs le nommèrent maître des novices. Admis dès 1671 au chapitre cathédral de Bâle, il y fut installé comme chanoine en 1681. Grand scolastique en 1690 et grand doyen en 1704, ordonné diacre en 1691 et prêtre en 1692. Sept scrutins furent nécessaires à ses pairs pour l’élire prince-évêque de Bâle le 11 juillet 1705. Il fut consacré le 1er novembre 1705 dans la nouvelle cathédrale d’Arlesheim par le nonce apostolique de Lucerne. Reinach connut un règne agité, étant en conflit avec les habitants du Münsterthal et la ville de Berne jusqu’à l’accord signé à Aarberg le 9 juillet 1711. De 1714 à 1717, il eut des difficultés avec la ville de Neustadt, près du lac de Bienne. Plusieurs calamités, hivers rigoureux, famine, peste frappèrent ses états. Il fonda une académie dans son palais où l’on dissertait sur l’histoire, la théologie et la science. En 1716, il créa un séminaire confié aux Jésuites et commença la construction du château épiscopal de Delémont d’après les plans de l’architecte Racine de Renan. Handicapé physiquement par un accident de cheval en 1724, le chapitre lui donna un coadjuteur en la personne de son frère Jean Baptiste © 34. Par une ordonnance de février 1726, il voulut réformer l’administration, mais certaines mesures, concernant notamment les règlements de la chasse, les impôts ou d’anciennes libertés et privilèges, déclenchèrent d’importants troubles dans la principauté qui assombrirent la fin de son règne.

Archives départementales du Haut-Rhin, 108 J 3/47 ; F.-J. Fues, Die Pfarrgemeinden des Cantons Hirsingen, Rixheim, 1879, p. 228-230 ; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 529 ; Der Dom zu Arlesheim, Gedenkschrift zur Aussenrenovation 1954/55, p. 49 ; C. Bosshart-Pfluger, Das Basler Domkapitel von seiner Ubersiedlung bis zur Säkularisation (1678-1803), Bâle, 1983, p. 263 ; Encyclopédie de l’Alsace, X, p. 6309.

  1. François Joseph Hartmann,

capitaine, propriétaire terrien (★ Hirtzbach 12.4.1664 † Hirtzbach 31.1.1729). Frère de 32. ∞ 11.12.1703 à Ohningen Marie Anne de Sickingen-Hohenburg; 8 enfants. Capitaine au régiment d’Alsace, il prit part à la campagne des Pays-Bas, se distingua à la prise de Barcelonne en 1714 et reçut la croix de Saint-Louis. En 1705, il entra en litige avec les branches de Muntzingen et de Foussemagne à cause de l’héritage de Philippe Charles de Reinach-Montreux © 47. La cour royale de Colmar ordonna le 20 mars 1709 la répartition par branche et non par tête, ce qui favorisa Reinach. Il agrandit le château de Hirtzbach.

Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 530; Société d’histoire sundgauvienne, Guide du Sundgau, Strasbourg, 1989, p. 206.

  1. Jean Baptiste,

évêque, coadjuteur du prince-évêque de Bâle (★ 11.3.1669 † Arlesheim 25.1.1734). Frère de 33. Lieutenant au régiment d’Alsace Infanterie, il participa, dans le corps du maréchal Catinat, à la prise des villes de Nice et Villefranche, Alpes-Maritimes. Après avoir quitté la vie militaire, il fut élu chanoine du chapitre de Bâle en 1691, puis doyen en 1710 et prévôt en 1712. Recteur de Montreux-Jeune depuis 1705, ordonné diacre le 16 novembre 1710 et prêtre le 7 décembre 1710. Reinach resta prévôt du chapitre de Bâle jusqu’en 1726 et chanoine jusqu’en 1729. Il fut élu le 12 septembre 1724 coadjuteur avec droit de succession de son frère, Jean Conrad © 32, qui le consacra évêque in partibus le 25 novembre 1724. En 1731 Reinach fut délégué à Vienne pour obtenir l’aide de l’empereur et la répression des désordres éclatés dans le diocèse. Il mourut avant son frère, à Arlesheim, dans la maison du suffragant, Jean Baptiste Haus ©.

B. de Ferrette, Diarum de Murbach, Colmar, Paris, 1894, p. 86 ; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 530; A. Behra, Les trois Montreux, Mulhouse, 1929, p. 227 ; C. Bosshart-Pfluger, Das Basler Domkapitel von seiner Ubersiedlung bis zur Säkularisation (1678-1803), Bâle, 1983, p. 265 ; R. Balmer, Les États du pays, Delémont, 1985, p. 151.

35. Joseph Antoine Charles,

maréchal de camp (★ Hirtzbach 28.8.1741 † Hirtzbach 26.10.1815). Fils de François Casimir Armand Hamann de Reinach et de Rose d’Eptingen. Petit-fils de 33. ∞  6.2.1780 à Worms Marie Louise Mohr de Wald d’Autel (★ Beroldingen 9.2.1761 † Hirtzbach 2.3.1790) dernière descendante d’une famille du Luxembourg, fille de Philippe Eberhardt de Wald d’Autel et de Marie Walburge de Beroldingen ; 3 enfants. Cornette de la compagnie d’Andlau au régiment Royal Allemand Cavalerie en 1759. Cornette de la compagnie Mestre de camp en 1761, Reinach fit les campagnes de la guerre de Sept Ans et se distingua au Hanovre en 1761 et 1762. Le prince de Nassau le proposa à l’emploi de major en 1776. Lieutenant-colonel au régiment Royal Allemand en 1779, maréchal de camp en 1786, seigneur des villages de Hirtzbach et Michelbach, Reinach hérita de son père la charge de conseiller chevalier d’honneur d’épée au Conseil souverain d’Alsace et y fut admis en 1777. Coopté comme membre de l’assemblée du district de Belfort en 1787, il subit le 30 juillet 1789 le pillage de son château de Hirtzbach par les paysans des environs et s’installa à Altkirch. Commandant des gardes nationales en juillet 1790, il fut déclaré émigré par le district, mais estimé « ferme républicain » le 18 mai 1793 par le département, n’ayant jamais quitté sa résidence depuis 1789. Il fut cependant arrêté sur l’ordre du représentant du peuple Hentz, en exécution d’un arrêt du Comité du salut public du 30 mars 1794 et incarcéré au château de Belfort. Remis en liberté le 19 août 1794 par le représentant Foussedoire, à la demande du conseil municipal de Hirtzbach. Il se trouvait également sur la liste des émigrés de Haute-Saône, mais en fut rayé le 21 mai 1795. Officier public et membre du conseil de la commune d’Altkirch, élu le 4 novembre 1794 pour dresser les actes d’état civil, il exerça ces fonctions jusqu’en octobre 1795. Reinach fit promesse de fidélité en 1802. Il fut amnistié en 1803 et revint habiter Hirtzbach dont il fut maire de juillet 1811 à février 1814. Il faisait partie des 550 plus forts contribuables du département avec des revenus évalués à 40000 F en 1810. Le sous-préfet Joliat écrivait en 1813 que son fils unique était l’héritier de la première fortune dans le département. En 1805, on chargea Reinach de l’organisation et du commandement des cohortes de gardes nationales du Haut-Rhin pour l’arrondissement d’Altkirch et en septembre 1815, il fut désigné pour former le comité d’arrondissement chargé de la répartition des 100 millions de réquisition de guerre. Chevalier de Saint-Louis en 1781, décoré de l’ordre du Lis en 1814.

Archives départementales du Haut-Rhin, 108 J 117-119 et 13 J 50; Archives historiques de l’Armée, IIe série, dossier 3498; Archives nationales, F7 5572; Y. Baradel, Belfort de l’ancien régime au siège de 1870-1871, Belfort, 1993, p. 27; F.-J. Fues, Die Pfarrgemeinden des Cantons Hirsingen, Rixheim, 1879, p. 239; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 532-533; R. Bargeton, « L’invasion de 1813 », Annuaire de la Société d’histoire sundgauvienne, 1971, p. 51; CNRS, Grands notables du Premier Empire – Haut-Rhin, 1978, p. 52- 53; P. Madenspacher, Les maires de l’ex-arrondissement d’Altkirch, dactylographié, Riedisheim 1980, p. 333.

  1. François Joseph Hesso,

chanoine (★ Hirtzbach 10.1.1749 † Constance 16.4.1821). Frère de 35. Reinach occupait depuis 1762 une stalle canoniale au chapitre de Wurtzbourg lorsqu’il entra en 1772 au chapitre cathédral de Constance. Homme cultivé, vivant dans une grande aisance, il échangeait une importante correspondance et possédait à sa mort une bibliothèque de plus de 5000 volumes.

C. et B. Jordan, « Philosophe au jardin, rêve d’un chanoine alsacien ». Saisons d’Alsace, automne 1994, p. 132-140.

37. Charles, baron de,

officier, homme politique, (C) (★ Hirtzbach 11.8.1785 † Hirtzbach 22.2.1871). Fils de 35. ∞ 4.11.1816 à Wurtzbourg sa cousine Marie Éléonore Antoinette, baronne de Reinach-Steinbrunn († Hirtzbach 30.9.1857), fille de © 51 ; 3 fils, Hesso Antoine © 38, Maurice Sigismond, officier supérieur © 39, Charles Frédéric, diplomate © 40 ; 3 filles, Philippine-Louise, épouse du baron Théoring de Sonnenberg ©, Marie-Catherine, femme du général de Salignac ©, Antoinette, épouse de François Zorn de Bulach ©. La jeunesse de Reinach, fut troublée par l’agitation révolutionnaire et marquée par le décès prématuré de sa mère. Il fréquenta l’Université d’Erlangen de 1798 à 1801. Il y suivit des cours de philosophie, mathématiques, physique, chimie, géologie, droit, histoire, etc. Il retrouva son père en Alsace en 1801 et partagea son temps entre Altkirch et le Luxembourg où il s’occupait des propriétés héritées de sa mère. Il s’engagea en 1803 comme volontaire au 7e Hussards. Il devint sous-lieutenant en 1807, attaché à l’État-Major de réserve de cavalerie de la Grande Armée commandé par le grand-duc de Berg (Murat). En 1806 il participa à la campagne de Prusse dans une brigade de cavalerie dirigée par le général Lasalle. Blessé par un coup de feu à la cuisse lors d’un fait d’armes à Heissberg ; nommé lieutenant. En 1808 il fut nommé lieutenant de la garde du grand-duc de Berg, qui prit part à la campagne d’Espagne de 1808. Promu capitaine aide-de-camp du général Boyer, il servit lors de la campagne d’Espagne de 1809. Aide de camp à l’État-major du duc d’Abrantès, il fit en 1810 les campagnes du Portugal. Il avait refusé entre-temps de quitter le service de l’empereur pour rejoindre le roi de Naples. Nommé capitaine au 9e régiment de Hussards, il fut affecté à Sélestat en 1811, mais n’y resta guère, rejoignant la Grande Armée en partance pour la campagne de Russie. Sous les ordres du général Sébastiani et de Murat, il franchit le Niémen le 24 juin avec la cavalerie d’avant-garde. Un des premiers à entrer dans Moscou, à Kikrinn le 4 octobre 1812,  il fut blessé à la pommette droite et désarçonné. Le nerf optique fut sectionné d’où la perte de vision de l’œil droit Il séjourna en Prusse orientale pour se soigner puis rentra en Alsace au début de 1813. Promu chef d’escadron en 1813, puis aide de camp du roi de Naples (Murat), il participa à la campagne de Saxe et fut à nouveau blessé par coup de feu au cours d’un corps à corps à Leipzig le 13 octobre. Blessé, il ne put participer à la campagne de France. Grâce à ses relations, il obtint une nouvelle affectation sous la première Restauration, aux hussards de Berry et fut fait chevalier de Saint-Louis par le comte d’Artois. Ayant rejoint l’armée de Napoléon lors des Cent-Jours, il participa à la bataille de Fleurus et au moment de la bataille de Waterloo, il commanda un régiment chargé de la défense de Namur. Chef d’escadron au 6e régiment de Hussards, il fut admis à faire valoir ses droits à la retraite le 10 février 1816. Reinach se retira sur les terres familiales à Hirtzbach tout en faisant de fréquents voyages en Suisse et au Luxembourg. À la tête d’une des plus importantes exploitations agricoles de l’arrondissement d’Altkirch, il fut membre de la Société d’agriculture (1819), des Comices agricoles, de la Société départementale d’agriculture (1842-1848), de la Commission départementale d’agriculture (1850) et de la Chambre consultative d’agriculture de l’arrondissement de Belfort (1852-1864). Les Reinach étaient par ailleurs copropriétaires des mines de Champagney et Ronchamp. Nommé conseiller général en novembre 1814, confirmé dans ses fonctions en 1815, puis en 1816, malgré son passé bonapartiste et ses opinions libérales. Conseiller municipal de sa commune de Hirtzbach depuis 1821, il sollicita un mandat de député en 1824, mais fut sévèrement battu par le candidat ultra Knopff. Il prit sa revanche en 1827. Fidèle à ses engagements, il siégea dans les rangs de l’opposition constitutionnelle et fut l’un des rares députés nobles à voter l’adresse des 221. Réélu en juillet 1830, il adhéra au gouvernement de Louis-Philippe. À la Chambre, il siégea désormais parmi la majorité conservatrice. Il accéda à la pairie en 1833. Élu, puis réélu conseiller général de Hirsingue durant la monarchie censitaire, il se porta à nouveau candidat en août 1848 et en 1852, l’administration l’ayant désigné candidat officiel. En 1861, au terme de 45 années, Reinach renonça à son mandat départemental, qui revint à son fils aîné, Hesso-Antoine. Officier (1813), puis commandeur de la Légion d’honneur (1837), chevalier de Saint-Louis (1814).

Archives départementales du Haut-Rhin, 6E 35-191, étude de maître Beck, Hirsingue. Inventaire, 25 juin 1871, 2M3, 2M84, 3M20, 7M2, 7M36, 7M37, 3Q 111-7 Déclaration de mutation par décès, 1U11 ; Archives nationales, F1c III Haut-Rhin 4, F1c V Haut-Rhin 4, F1b I 230-18 ; Archives historiques de l’Armée de Terre. Pavillon des Armes, Château de Vincennes, Tableau des pensionnés : 162 359 Charles de Reinach ; Lehr, L’Alsace noble, 1870, t. II, p. 31 ; A. de Puymaigre, Souvenirs de l’émigration, de l’Empire et de la Restauration, Paris, 1884, p. 229 ; Robert, dir., Dictionnaire des Parlementaires français comprenant tous les membres des Assemblées françaises et tous les ministres français 1789-1889, t. V, p. 111 ; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 533 ; P. Leuilliot, « Les classes sociales et l’esprit public alsacien à la fin de la Restauration 1827-1830 », Revue d’Alsace, LXXX, 1933, p. 189 ; M. de Reinach Hirtzbach, « Charles de Reinach Hirtzbach hussard d’Empire », Saisons d’Alsace, X, 1964, p. 107-118 ; M. de Reinach-Hirtzbach, « L’épopée napoléonienne vécue par un enfant du Sundgau, Charles de Reinach », Annuaire de la Société d’histoire sundgauvienne, 1980, p. 41-57.

  1. Hesso Antoine,

homme politique, (C) (★ Hirtzbach 21.6.1819 † Hirtzbach 13.2.1894). Fils de 37. ∞15.7.1851 à Wattwiller Marie Anna Antoinette Caroline, baronne de Gohr (★ Wattwiller 3.9.1832 † Wattwiller 1936), fille de Joseph-Antoine de Gohr, © 6 et de Caroline Thérèse Marie Anne, comtesse de Barbier-Schroffenberg ; 6 enfants dontSigismond © 41. Après des études secondaires en Bavière et au collège Sainte-Barbe à Paris, Reinach se consacra à la gestion des biens de la famille et s’adonna à la politique. Sa carrière débuta à l’époque du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. Conseiller municipal de Hirtzbach depuis 1846, il fut nommé maire de la commune en 1851. Conservateur, homme nouveau en politique, il bénéficia du patronage de l’administration et fut élu député en 1852. Il conserva ce mandat jusqu’en 1869, quand il fut battu par le candidat de l’opposition Juvénal Vieillard-Migeon. Élu conseiller de l’arrondissement d’Altkirch en 1852, il présida à différentes reprises ce conseil jusqu’en 1861, lorsqu’il entra à l’assemblée départementale après le retrait de son père. La guerre de 1870 ne mit qu’un terme provisoire à sa carrière politique. De 1873 à 1894 il redevint conseiller général du canton de Hirsingue et présida le Conseil général de Haute Alsace de 1874 à 1893. En 1873 il réussit à faire renoncer les partisans d’une non constitution de la représentation départementale chargée de collaborer avec les nouvelles autorités. Lors de l’institution du Landesauschuss (délégation d’Alsace-Lorraine) en 1874 il fut membre de cette assemblée. Membre du Conseil d’État d’Alsace-Lorraine de 1879 à 1892. Chevalier (1860), puis officier de la Légion d’honneur (1868).

Archives départementales du Haut-Rhin, 108J 286 Contrat de mariage et autres archives personnelles 2M27, 2M31, 2M45, 2M48, 2M63, 3M23, 3M24, 3M36; Archives nationales F1b I 230-18, F1c III Haut-Rhin 1 ; Cerfbeer de Medelsheim, Biographie alsacienne-lorraine, Paris, 1879, p. 253 ; Ant. Meyer, Biographies alsaciennes avec portraits de photographie, 3e série, 1885-1886 ; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 533 ; P. Leuilliot, « Les élections alsaciennes de 1869 », Revue d’Alsace, 1961, p. 90-93 ; idem, « Les élections au Corps Législatif dans le Haut-Rhin en 1852 », Annuaire de la Société d’histoire et d’archéologie de Colmar, XVII, 1967, p. 87, 88 et 93 ; François Igersheim, L’Alsace des notables, 1870-1914, Strasbourg, 1981, p. 283 ; Encyclopédie de l’Alsace, XI, 1985, p. 6309 ; Robert, dir., Dictionnaire des Parlementaires français comprenant tous les membres des Assemblées françaises et tous les ministres français 1789-1889, t. V, p. 111 ; F. Igersheim, Politique et administration dans le Bas-Rhin (1848-1870), Strasbourg, 1993, p. 232.

Olivier Conrad (1998) (notices 37 et 38)

  1. Maurice Sigismond,

colonel (★ Hirtzbach 12.9.1823 † Hirtzbach 12.10.1896). Frère de 38. Célibataire. Entré à l’école militaire de Saint-Cyr en 1842. Sous-lieutenant en 1844. Nommé lieutenant en 1848, il servit en Italie du 21 mai 1849 au 12 novembre1853, puis fut promu capitaine adjudant major en 1854. Capitaine au régiment de Dragons de la Garde impériale en 1856, chef d’escadron en 1864, il servit en Afrique du 9 avril 1864 au 13 juillet 1865. Promu lieutenant-colonel en 1869, puis colonel en 1870, il fut mis en non activité pour infirmités temporaires le 19 août 1871 et admis à faire valoir ses droits à la retraite le 20 décembre 1872. Il s’installa à Hirtzbach. Chevalier de l’ordre de Saint-Grégoire le Grand en 1853 et officier de la Légion d’honneur en 1868. Reinach s’éprit d’Adèle d’Affry (★ Fribourg (Suisse) 6.7.1836 † Castellamare 16.7.1879), issue d’une famille noble de Fribourg-en-Brisgau, veuve de Charles duc de Castiglione de Colonna, et l’accompagna dans un voyage en Italie en 1876. Plus connue sous le pseudonyme de Marcello, elle était artiste, sculpteur, et légua une collection importante de ses œuvres conservées dans le Musée Marcello à Fribourg depuis 1881. Dans le coin droit d’un tableau de 1874, représentant la « conjuration de Fiesque », on reconnaît les traits de Reinach sur le visage d’un garde portant un morion et un drapeau.

Archives départementales du Haut-Rhin, 108 J. 291 ; Archives historiques de l’armée, dossier alphabétique ; comtesse d’Alcantara, Marcello, Genève, 1961, p. 152-153 et 175.

  1. Charles Frédéric,

diplomate (★ Hirtzbach 9.5.1825 † Hirtzbach 27.4.1909). Frère de 39. Célibataire. Après l’obtention de son diplôme de bachelier ès lettres à Paris en 1846 et de bachelier en droit à Strasbourg en 1848, Reinach entra dans la carrière diplomatique : Hambourg en 1850, Saint-Petersbourg en 1851, Karlsruhe, Berne et Berlin en 1856. Il revint à Berne en 1864 pour y occuper la fonction de premier secrétaire. En 1870, l’ambassadeur en poste, le comte de Guitaud, ayant donné sa démission au gouvernement provisoire, Reinach eut la responsabilité de la légation pendant deux mois assez agités. Il négocia avec les commandements militaires suisse et français pour permettre aux débris de l’armée du général Clinchant de venir se réfugier en Suisse. Il venait d’être nommé ministre plénipotentiaire le 16 décembre 1872 quand, par fidélité à Napoléon III, il prit sa retraite à l’âge de 47 ans, refusant le poste que le gouvernement de la République lui offrait à Washington.

Archives départementales du Haut-Rhin, J 108 290 ; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 534 ; Bulletin de la Société d’histoire du Musée, de la ville et du canton de Huningue, 1977, avec portrait ; M. de Reinach-Hirtzbach, Visées d’expansion territoriale de la Suisse en 1870.

  1. Sigismond Charles Marie,

sénateur (★ Hirtzbach 20.10.1869 † Hirtzbach 10.5.1947). Fils de 38. ∞ 8.10.1901 à Stotzheim Charlotte baronne de Mullenheim-Rechberg (? Stotzheim, au Grünstein, 9.5.1879 † Hirtzbach 1.4.1977), fille de Louis de Mullenheim-Rechberg et de Jeanne de Coehorn; 4 enfants. Études à l’Institut strasbourgeois Kuhn, puis à l’Académie agricole de Hohenheim (Wurtemberg). Élu conseiller général du canton d’Hirsingue en 1897, il fut battu par l’abbé Haegy © aux élections de 1906. Élu maire de Hirtzbach en 1908. Nommé en 1911 sénateur au Landtag par Guillaume II. En août 1914, il fut fait prisonnier par les Français, emmené à Belfort, puis relâché. Il protesta contre le départ massif de la main d’œuvre agricole pour l’armée, entra en conflit avec l’administration allemande, et fut mobilisé le 3 décembre 1914 comme Rittmeister (capitaine) du train des équipages, pendant que sa famille était envoyée à Baden-Baden et que son château était progressivement dévasté par les troupes. D’abord affecté au camp de prisonniers de Darmstadt, Hesse, puis à celui de Rastatt (Bade), on le muta à Bucarest comme gérant des biens de la couronne de Roumanie en 1916. Président du comice agricole d’Altkirch. Il resta maire de Hirtzbach jusqu’en 1935 (première commune de l’arrondissement fournie en courant électrique).

Regierung und Landtag von Elsass-Lothringen, Biographisch-statistisches Handbuch, 1912, p. 154 (portrait) ; L’Alsace du 13.5.1947 ; National Zeitung du 14.5.1947 ; François Igersheim, L’Alsace des notables, 1870-1914, Strasbourg, 1981, p. 283 ; M. de Reinach-Hirtzbach, « Notes de guerre, 1915 », Annuaire de la Société d’histoire sundgauvienne, 1983.

  1. Hesso Antoine,

publiciste, homme politique (★ Hirtzbach 16.8.1905 † Mulhouse 3.6.1948). Fils de 41. ∞ 4.12.1929 à Paris Anne Marie Daumet ★ Paris, 6e, † 9.9.1910 Montbolo, Pyrénées-Orientales, 8.10.1940), fille de Georges Daumet, archiviste paléographe, et d’Amélie Dortet de l’Espigarié de Tessan, petite-fille d’Honoré Daumet, membre de l’Académie des Beaux-Arts, architecte qui construisit Chantilly pour le duc d’Aumale ; 4 enfants. ? II 19.10.1942 à Talissieu (Ain) Marie Claire Specklin, fille de Paul Specklin, docteur en médecine, un des responsables de l’Action française en Alsace, et de Jeanne Dollfus; 4 enfants. Après des études secondaires, Reinach acquit de solides connaissances à l’Institut agricole de Beauvais. Il accomplit son service militaire au Maroc et participa à la campagne du Rif (1925-1926). Pendant quelques années, président du groupement des Alsaciens de l’Action française à Paris, Reinach travailla chez un agent de change. Il vint s’établir à Strasbourg en 1933 et entra à l’Office régional d’études et d’information, chargé spécialement de l’étude des questions germaniques. On l’envoya en mission en Yougoslavie, à Eupen et Malmedy, Belgique, et en Autriche. Il joua un rôle avant le plébiscite de la Sarre. Ses chefs ayant adhéré à la politique extérieure du Front Populaire, il démissionna et se consacra de plus en plus au journalisme. Tombé malade, Reinach rédigea en 1938 un livre, La tragique destinée de l’Alsace, au sanatorium de Montana, Valais. Il fut ensuite le premier journaliste à annoncer trois mois à l’avance, dans Je suis partout, le pacte germano-soviétique de juillet 1939. Il écrivit aussi dans L’insurgé et y rédigea des articles gastronomiques sous le nom de dom Gorenflot. Réformé du fait de sa santé, il fut employé à diverses missions et séjourna au château de Rançay (Niherne, Indre), chez ses parents d’Astier de la Vigerie (où se préparait la résistance en 1940-1941). Devenu veuf, Reinach s’établit dans un petit domaine qu’il put acquérir à Contrevoz, dans l’Ain, et des missions délicates lui furent confiées dans le maquis du Bugey. En août 1944, il fut nommé responsable FFI du ravitaillement de cinq cantons de la région de Belley (Ain). De retour en Alsace, il accomplit des missions de recherches en Suisse et en Autriche pour le compte du service de renseignements de l’armée, sous le nom de commandant Reiber. Élu maire de Hirtzbach en 1946, il fut victime d’un accident de voiture le 28 mai 1948 en se rendant à Strasbourg, à une réunion de l’Union agricole de l’est dont il était vice-président pour le Haut-Rhin. Son épouse et sa mère sortirent indemnes de l’accident, mais Reinach décéda six jours plus tard à l’hôpital de Mulhouse.

Aspects de la France et du Monde, du 10.7.1948 ; L’Alsace du 9.6.1948. H. de Reinach-Hirtzbach, La tragique destinée de l’Alsace, Paris, 1938; Partis, journaux et hommes politiques d’hier et d’aujourd’hui, Paris, 1960, p. 534 ; A. Specklin, Le docteur Specklin et l’Action Française en Alsace, mémoire d’histoire contemporaine, Poitiers, 1973 ; P.-M. Dioudonnat, Je suis partout, Paris, 1973, p. 239, 240, 292, 309 ; idem, Les 700 rédacteurs de « Je suis partout » 1930-1944, Paris, 1993, p. 77 ; H. Coston, Dictionnaire de la politique française, Paris, 1982, t. 4, p. 610.

  1. 43. Maurice Sigismond,

propriétaire foncier, forestier, historien (★ Hirtzbach 10.10.1911 † Saint-Louis 2.2.1994). Frère de 42. ∞ 17.8.1943 à Osmery, Cher, Marie-Thérèse Jouan de Kervenoaël (★ Osmery 24.3.1925), fille de Hubert comte de Kervenoaël et de Jeanne Pantin de la Guère; 5 enfants. Après des études de droit et d’histoire la faculté de Strasbourg, et son service militaire accompli à Constantine en 1934-1935, Reinach fut agent commercial des Pétroles Toneline en Alsace et dans la Loire, à Roanne. Mobilisé en août 1939 comme sergent, il contribua à anéantir un commando ennemi qui franchissait le Rhin à Kembs en juin 1940. Domicilié à Roanne, il trouva successivement un emploi comme chef de chantier pour des coupes de bois avec des ouvriers de l’arsenal de cette ville, de rédacteur-traducteur au Centre des écoutes radioélectriques à Bellerive, puis de responsable d’un service de courrier et d’archives à Vichy, où il réussit à faire disparaître des pièces compromettantes concernant des résistants ou des victimes des lois d’exception. Licencié le 1er juin 1944, il rejoignit les FFI, fut libéré en août 1945 et décoré de la croix de Guerre avec étoile de bronze, ainsi que de la croix du Combattant de 1939-1945. En novembre 1945, Reinach retrouva l’Alsace et s’installa au château de Hégenheim, dont il était propriétaire depuis 1918. Délégué pour le Haut-Rhin du Mouvement national d’épargne, il abandonna cette fonction, après le décès de son frère en 1948, pour s’occuper des terres et des forêts familiales, ainsi que de la restauration du château de Hirtzbach dont il devint également propriétaire. Très actif dans le domaine de l’agriculture et de la sylviculture, il fonda et présida le Syndicat d’élevage porcin du Haut-Rhin de 1957 à 1968, devint en 1966 vice-président du Syndicat des propriétaires forestiers sylviculteurs d’Alsace, ainsi qu’administrateur pour le Haut-Rhin du Centre régional de la propriété forestière de Lorraine-Alsace. Fondateur et président à partir de 1981 du Groupement de développement et de gestion de la forêt privée du Haut-Rhin, il siégea à la Chambre d’agriculture du département de 1967 à 1987. Lieutenant de louveterie, il fut également administrateur de la Fédération départementale des chasseurs du Haut-Rhin et du Syndicat des chasseurs en forêt, administrateur, puis président de la Caisse locale du Crédit agricole du canton de Huningue de 1957 à 1983, conseiller municipal de Hegenheim de 1947 à 1953, puis de Hirtzbach de 1971 à 1989. Avec la forêt, son autre passion était l’histoire. Reinach déposa en 1949 aux Archives départementales du Haut-Rhin d’importantes archives familiales dont l’inventaire fut publié en 1961 par Lucie Roux. Co-fondateur et vice-président de la Société d’histoire et du Musée de Huningue de 1951 à 1994, vice-président de 1977 à 1981, puis président de 1981 à 1993 de la Société d’histoire du Sundgau. Il publia de nombreux articles dans Bulletin de la Société d’histoire du Musée, de la ville et du canton de Huningue, Annuaire de la Société d’histoire sundgauvienne, Saisons d’Alsace, n° 5, 33-34, fut membre de la commission d’héraldique du Haut-Rhin et œuvra pour la sauvegarde du patrimoine régional. Chevalier de l’ordre national du Mérite (1986) et commandeur de l’ordre du Mérite agricole (1993).

M. Glotz, Annuaire de la Société d’histoire sundgauvienne, 1991, p. 9-12, Annuaire de la Société d’histoire sundgauvienne, 1993, p. 9-10, Annuaire de la Société d’histoire sundgauvienne, 1994, p. 9-26, avec portraits ; G. Baud, Bulletin de la Société d’histoire du Musée, de la ville et du canton de Huningue, 1994, p. 15-19.