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REINACH (de)

Famille d’ordre équestre originaire d’Argovie et dont on peut suivre la filiation depuis 1210.

D’abord ministériaux des comtes de Lenzbourg, puis de Kibourg. Les Reinach furent fidèles aux Habsbourg puis au roi de France après 1648. Plusieurs d’entre eux tombèrent en 1386, aux côtés de Léopold d’Autriche, durant la bataille de Sempach qui opposa la noblesse habsbourgeoise aux Confédérés. Seul le jeune Hamann © 2 fut épargné. Il eut une postérité masculine qui s’installa progressivement sur les terres alsaciennes des Habsbourg au début du XVe siècle. La famille s’illustra dans l’armée, les ordres teutonique et de Malte, les chapitres cathédraux des pays voisins et les chapitres de dames nobles de la région. Elle se divisa en plusieurs branches nommées d’après leur lieu de résidence. Le 13 avril 1635, les trois frères, Jean Henri © 9, Jean Beat et Melchior, auteurs respectifs des branches de Foussemagne, Munzingen et Hirtzbach, furent faits Freiherr, barons du Saint-Empire, par l’empereur Ferdinand II, titre transmissible à tous leurs descendants masculins et féminins, porteurs du nom. En juin 1718, le roi de France érigea en comté les terres et seigneuries de la branche de Foussemagne, dont les membres portèrent, à partir de ce moment, le titre de baron de Reinach comte de Grandvelle-Foussemagne. Les Reinach des branches de Heidwiller et de Steinbrunn ne furent reconnus barons en France qu’en 1773. Actuellement, seules les branches de Werth et de Hirtzbach sont encore représentées.

L. Roux, Les archives de la famille de Reinach, inventaire, Colmar, 1961 (avec bibliographie) ; F. L. B. baron de Reinach-Werth, Histoire de l’ancienne et noble famille de Reinach, manuscrit, Fribourg-en-Brisgau, 1840, traduit en français par son petit-neveu Maximilien Benoît Félix en 1862. Reprend Archives départementales du Haut-Rhin, 108 J 3/47 (cité : manuscrit, 1862) ; F.-J. Fues, Die Pfarrgemeinden des Cantons Hirsingen, Rixheim, 1879, p. 223-245 (cité Fues. 1879) ; W. Merz, Die Ritter von Rinach im Argau, Aarau, 1891 (cité : Merz, 1891), aussi publié dans Argovia, Jahresschrift der historischen Gesellschaft. Aarau, 1889, t. 20, p. 99-137 et 1890, t. 21, p. 1-130 : W. Merz, Herren von Reinach, Manuel généalogique pour servir à l’histoire de la Suisse, Zurich, 1908-1916, t. 3, p. 17-56, 410-412, tableaux généalogiques et planches de sceaux: J. Kindler von Knobloch, Oberbadisches Geschlechterbuch, t. 3, Heidelberg, 1919, (cité: Kindler von Knobloch, 1919); D. Schwennicke, Europaïsche Stammtafeln, t. 11, Marburg, 1986 (cité: Schwennicke, 1986); H. Pinoteau, « Les armoiries de la famille de Reinach-Werth et Hirtzbach ». Archives héraldiques suisses, 1995, p. 167-173 (avec bibliographie): A. Behra, Les trois Montreux, Mulhouse, 1929 (cité: Behra); M. Glotz, « Les seigneurs de Steinbrunn-le-Haut », Steinbrunn-le-Haut, Riedisheim, 1994, p. 2-32 (avec portraits) (cité Steinbrunn, 1994); idem, « Les seigneurs de Froeningen », Froeningen, Riedisheim, 1996, p. 29-49, (avec portraits), (cité: Froeningen, 1996); M. Glotz, notices Reinach-Montreux et Reinach-Foussemagne à paraître dans le Dictionnaire de biographie du Territoire de Belfort (avec portraits).

1. Hesso,
Minnesänger († vers 1280). La Manessische Liederhandschrift donne un portrait de Hesso richement vêtu accueillant des pauvres et des handicapés et comporte les deux seuls poèmes que nous connaissions de lui. Leur style permet de les dater du milieu du XIIIe siècle et de les attribuer avec vraisemblance à Hesso de Reinach, chanoine à Beromünster en 1234, curé desservant à Hochdorf à partir de 1265 et prévôt de Schoenwerd.

Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 524-525; W. Merz, Die Ritter von Rinach im Argau, Aarau, 1891, p. 12-21; A. Maurois, Histoire de l’Allemagne, Paris, 1965, p. 81 (reproduction de l’illustration de la Manessische Liederhandschrift).

2. Hamann,
chevalier, conseiller († 1429). Fils de Jean de Reinach et de Cunégonde de Gutenburg. ∞ Cécile von Homburg. À la bataille de Sempach (1386), lorsque les chevaliers de la noblesse habsbourgeoise, gênés par leurs souliers à la poulaine, en tranchèrent l’extrémité, Reinach se fit une profonde blessure au pied et échappa ainsi au carnage où cinq membres au moins de sa famille périrent. La seule chose certaine est que tous les Reinach, à partir du XVIe siècle, descendent de Hamann. Il abandonna le métier des armes et devint conseiller de la maison d’Autriche. Ami du comte Jean VI de Habsbourg-Laufenbourg, il portait le titre de Statthalter et occupait des fonctions de juge.

Manuscrit, 1862, p. 17-20; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 525; W. Merz, Die Ritter von Rinach im Argau, Aarau, 1891, p. 100 et 111-119; Encyclopédie de l’Alsace, X, 1985, p. 6307.

3. Cunégonde,
abbesse d’Andlau († 15.12.1537). Fille de Henri de Reinach et Angele Ursule d’Andlau, selon la tradition ancienne, ou fille de Jean Ehrart de Reinach et de Catherine vom Haus selon les auteurs récents. Élue en 1495 abbesse d’Andlau, ce qui lui conféra le titre de princesse du Saint-Empire, elle administra l’abbaye pendant 42 ans, période qui correspond à celle de la Réforme luthérienne.

Archives départementales du Haut-Rhin, 108 J 4/37 et 132/3; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 526; J. Kindler von Knobloch, Oberbadisches Geschlechterbuch, t. 3, Heidelberg, p. 426; M. Glotz, « Les seigneurs de Froeningen », Froeningen, Riedisheim, 1996, p. 35; D. Schwennicke, Europaïsche Stammtafeln, t. 11, Marburg, 1986, tableau 104.

4. Jean-Erard/Hans-Erhart,
chevalier, bailli de Thann (★ Trostburg, Argovie, 5.11.1427 † après 1492). Fils d’Ulrich et de Marguerite/Grete de/von Reinach. ? 1448 Catherine de/vom Haus; 10 ou 12 enfants dont Louis © 4 et Bernardin © 5. Véritable fondateur de la puissance de son lignage en Haute Alsace, J.-E. de Reinach est l’un des rares gentilhommes de son temps à avoir consigné ses souvenirs dans un livre de raison qui s’étend jusqu’à la guerre du Sundgau (1468), permettant de reconstituer les 40 premières années de sa vie. Né au château familial, il entra à l’école, à Aarau, en 1435, puis déménagea à Thann l’année suivante: apparentés à plusieurs familles nobles alsaciennes (tels les Morimont) les Reinach disposaient déjà d’une cour dans cette localité. Au décès de son père, en 1438 les enfants survivants (six sur huit) furent dispersés — deux filles comme moniales à Koenigsfelden, une autre à Säckingen où elle finit par se marier, le benjamin chez les chevaliers de Rhodes, le puiné ailleurs. Aîné — et par conséquent, futur chef du lignage —, J.-E. de Reinach poursuivit son apprentissage au grand chapitre de Bâle, étant alors hébergé chez Jean Reich de Reichenstein. Exerçant les fonctions d’enfant de chœur (warte), il fut l’un des témoins de l’élection du duc Amédée VIII de Savoie en tant qu’antipape sous le noms de Félix V et fut l’un des acteurs de sa première messe (1440). Trois ans plus tard, on l’envoya à Berne où il demeura deux ans: c’est alors, à 14/15 ans, que débuta sa carrière véritable à Neuchâtel, puis Besançon et Dijon, comme page du maréchal de Bourgogne Jean de Neufchâtel. Au bout de deux ans, 1444, il passa au service d’un « pauvre gentilhomme » qu’il accompagna dans une opération de guerre en Lorraine: la prise de Gerbéviller fut son baptême du feu. Les deux années suivantes (1445-1446), il fit partie de l’entourage du margrave Rodolphe de Hochberg: c’est alors qu’il reçut son premier cheval et, désormais considéré comme adulte, épousa une fille de Frédéric de Haus (1448). Installé à Thann à partir de cette date, il s’intégra facilement dans la noblesse locale, participant notamment à la reprise de Guebwiller en rébellion contre l’abbé de Murbach Barthélemy d’Andlau (11 novembre 1448) ou fréquentant la cour de l’archiduc Albert VI, régent des Pays antérieurs autrichiens. En 1451, il prit part à des opérations de guerre conduites par le margrave Rodolphe de Hochberg pour le compte du margrave de Bade; en 1454, il accompagna l’archiduc Albert VI lors d’une expédition contre les villes impériales de Souabe, puis servit d’interprète au duc de Bourgogne Philippe le Bon en route pour la diète impériale de Ratisbonne et reçut une gratification lui permettant d’être fait chevalier. L’année suivante, il assista au siège de Bergzabern dans des contingents envoyés au comte palatin, mais ne semble pas s’être impliqué dans d’autres opérations de ce type, sauf, peut-être, lors de la prise d’otage de deux margraves de Bade par Frédéric de Schauenbourg © au château d’Issenheim en 1460. Son absence ou sa discrétion lors des guerres des années 1465-1468 sont difficiles à expliquer. Ce n’est qu’en 1470 qu’on le retrouve dans l’armée rassemblée par Pierre de Hagenbach © pour déloger les brigands établis à l’Ortenbourg. En 1462 déjà, il faisait partie des ayant-droit (gemeiner) de ce château, probablement en tant qu’allié des Haus. Ce n’est qu’après la chute de Pierre de Hagenbach et le rétablissement de l’archiduc Sigmunt un personnage de premier plan : bailli de Thann (poste non-attribué mais exercé de facto par Hagenbach), résidant désormais à l’Engelbourg (de 1474 à 1490), il allait réorganiser les domaines autrichiens en tant que Hubmeister (en fait, trésorier, de 1474 à 1485) et de Liffermeister (responsable de l’équipement) : relèvement des revenus seigneuriaux avec la rédaction d’un nouveau terrier de la seigneurie de Landser, emprunts et transactions financières diverses, notamment à Bâle (1485). En 1475, il fut chargé de négocier une trêve entre l’Autriche et la Bourgogne et engagea des pourparlers avec le margrave Rodolphe de Hochberg, aux côtés d’Oswald de Thierstein © et de Lazare d’Andlau © avec le margrave Rodolphe de Hochberg. Son parent Hamann, parfois confondu avec lui, fut l’un des capitaines des contingents de la Basse-Union présents en Lorraine au moment du siège de Nancy, puis de la bataille du 5 janvier 1477. En tant que membre du gouvernement provincial d’Ensisheim, J.-E. de Reinach eut l’occasion d’intervenir dans toutes les affaires importantes entre 1474 et 1490, notamment lors d’un accord entre Thann et Altkirch en matière de charges fiscales (1478) ou comme médiateur dans des conflits locaux, à Feldbach (1489) ou entre Soultz et les Waldner (1490). Une gestion serrée du patrimoine originel de sa famille (dont les attaches argoviennes s’étaient relâchées, après avoir vendu quelques domaines à son beau-frère Jean de Hallwyl) alla de pair avec une politique d’acquisition de terres et de droits. Ainsi, outre de nouveaux fiefs à Thann, ou sur la rive droite du Rhin (Pfaffenweier, fief des Ribeaupierre), la famille s’implanta à Ensisheim (plusieurs maisons et cour dite des sires de Haus dans la ville même), à Rouffach (achat du burgelin en 1478), dans la haute vallée de l’Ill, en rachetant d’anciennes rentes des nobles de Zaessingen et, surtout, l’important château de Heidwiller (1487), alors aux mains de Gaspard de Morimont. Le partage de ses biens entre ses fils Louis et Bernardin eut lieu dès 1479, tout en maintenant la cohésion du lignage, bien intégré à la société noble du Poisson et du Faucon dont les tournois accueillirent J.-Erard jusqu’à la fin de sa carrière (Kentzingen, 1484). La force des liens lignagiers se traduisit notamment par sa tutelle sur la veuve et les enfants de son frère cadet Jean-Henri ainsi que par des fondations pieuses à Thann ou à la confrérie de Sewen.

Archives départementales du Haut-Rhin, 108 J 13 : Livre de raison et commentaire sur la domination bourguignonne en Alsace (édition en préparation par G. Bischoff) ; G. Bischoff, « Les années d’apprentissage du gentilhomme », Saisons d’Alsace, t. 135, p. 17-26.

5. Bernardin/Bernhardin,
Chevalier. Fils de 4. Frère de Louis (★ Thann 1453 † vers 1534). ∞ 14.12.1477
Jacobé/Jacobea de la Pierre (vom Stein), fille de Marc le la Pierre/Marquart vom Stein ©. Associé au gage de Florimont à partir de 1480, il succéda à son beau-père en tant qu’engagiste de la seigneurie et obtint la possibilité de l’hypothéquer à son tour (1521). Sa carrière militaire est mal connue, bien qu’il soit désigné comme chevalier à la fin du XVe siècle et fasse figure de membre actif de la société noble du Poisson et du Faucon. En 1513, il prit part à la prise de Châtillon-sous-Maîche par son fils Melchior © 6. Adopté en 1515, le plan de défense des Pays antérieurs de l’Autriche lui donna un rôle de surveillance des abords du Sundgau méridional. Son rôle politique semble assez important : en 1519, il assista à la diète autrichienne de Bruck an der Mur en tant que représentant de la Carniole. Il trouva refuge à Ensisheim pendant la guerre des Paysans (1525). À plusieurs reprises, il avait été en conflit avec ses tenanciers ou ses voisins, notamment avec les villageois de Chavannes-les-Grands (1498, 1501).

6. Melchior,
conseiller impérial, homme de guerre (★ 20.10.1482 † v. 1550). Fils de 5. ∞ 1507 Claire Anne (Claranne) de Saint-Loup, dame d’Allenjoie, Doubs, fille d’Étienne de Saint-Loup. Et d’Élisabeth de Montreux ; 6 enfants dont 3 fils : Jean-Thiébaut, Jacques, Jean-Henri © 7. Commencée au service du duc de Wurtemberg lors de la guerre palatine (1504), la carrière militaire de Melchior de Reinach se poursuivit dans l’armée de Maximilien Ier et dans celle de Charles-Quint, qui lui donna le titre de maréchal (1535), puis de grand maréchal de la cour (1544), et lui remit une épée d’honneur à poignée d’or et une coupe de vermeil longtemps conservés par ses descendants (au château de Foussemagne). En août 1513, profitant des opérations des Confédérés suisses en Bourgogne, il se saisit du château de Châtillon-sous-Maîche, dans le Jura, alors aux mains du duc de Longueville, seigneur de Neuchâtel du chef de son épouse Jeanne de Hochberg, et le conserva pendant de longues années, provoquant l’irritation de l’archiduchesse Marguerite de Savoie. En décembre de la même année, il parvint à intercepter le duc de la Trémoïlle, que les Confédérés avaient incarcéré à Zurich au retour de la prise de Dijon. Associé au premier plan de défense des pays antérieurs autrichiens (1515), il fut l’un des principaux acteurs de la guerre dirigée par le comte Gangolf von Geroldseck contre le duc Antoine de Lorraine, au printemps 1516, puis reprit un commandement dans l’armée impériale rassemblée contre Franz von Sickingen quelques mois plus tard (décembre 1516). Maximilien et Charles-Quint le chargèrent de plusieurs missions délicates entre Bourgogne et vallée du Rhin. Sollicité par la Régence d’Ensisheim en mai 1525, il fut chargé de recruter des mercenaires pour combattre l’insurrection des campagnes alsaciennes : son intervention se traduisit par des combats dans la Porte de Bourgogne et, notamment, par la pacification de la seigneurie de Montreux (août 1525). Expert militaire reconnu, disposant d’une confortable pension (une solde mensuelle de 300 florins en 1536), il fut notamment chargé de négocier la participation de la Franche-Comté aux opérations contre le roi de France (1536) et d’établir les plans de défense (Landsrettungen) de l’Alsace en 1538 et en 1546. Son talent d’homme de guerre se doubla de bonnes qualités de gestionnaire, conservant sa vie durant la seigneurie de Florimont (théoriquement tenue en gage, 1529), obtenant le renouvellement des fiefs de Steinbrunn-le-Bas et de Montreux et acquérant par son mariage de nouvelles possessions dans le nord de la Franche-Comté (Amoncourt et Chariez ainsi que des biens à Port-sur-Saône, Sainte-Marie-en-Chaux et Beulotte Saint-Laurent). Respecté par la noblesse alsacienne, il fut l’arbitre de plusieurs conflits (en 1516, à propos de Montreux, en 1527 avec Guillaume de Lupfen) et procéda notamment à la succession de Jean-Jacques de Morimont © en 1533.

Archives départementales du Haut-Rhin, 108 J ; Manuscrit, 1862, p. 32 ; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 527 ; A. Chagny, Correspondance politique et administrative de Laurent de Gorrevod, conseiller de Marguerite d’Autriche et gouverneur de Bresse, Mâcon, 1913 ; F. Schaedelin, « Répertoire des titres féodaux concernant les localités du Territoire de Belfort », Bulletin de la Société belfortaine d’émulation, 1935, p. 43-141 ; J.-M. Debard, « La Guerre des Paysans dans les marges occidentales du monde germanique, 1525, dans la Porte de Bourgogne, le Comté de Montbéliard et le Bailliage d’Amont de Franche-Comté », Cahier de la Société d’histoire et d’archéologie de Saverne et environs, III-IV, 1976, p. 33-48 ; G. Bischoff, « Plus tost peres et filz que freres » ; Henry VIII et Maximilien Ier en guerre contre Louis XII : une alliance anglo- bourguignonne, 1513 », Publication du Centre européen d’Études bourguignonnes (XIVe-XVIe s.), Bruxelles, n° 35, p. 163-186 ; J.-M. Thiébaut, Officiers seigneuriaux et anciennes familles de Franche-Comté, Lons-le-Saunier, 1982.

7. Jean-Henri/Hans Heinrich,
(★ 1522 † 22.8.1600). Fils de 6. ∞ I N. de Grandvillars. ∞ II Élisabeth Reich de Reichenstein. « Élevé dans toutes les vertus par ses parents » selon les mots d’Heinrich Pantaleon, J.-H. de Reinach se distingua pendant la guerre de Charles-Quint contre la Ligue de Smalcalde (1546). Conseiller de la Régence d’Ensisheim au moins depuis 1572, il exerça les fonctions de lieutenant (Statthalter) du grand bailli d’Ensisheim dans les dernières années du XVIe siècle. Il avait contribué à la mise en place des plans de défense de l’Alsace contre les débordements venus de France ou de Lorraine, notamment en 1572. En 1587-1588, lors des troubles liées aux passages de troupes allemandes allant se battre en France, il conduisit un raid de représailles contre le comté de Montbéliard.

8. Jean-Thiébaut/Hans Diebold,
bailli d’Altkirch (★ Ensisheim 20.8.1567). Fils de 7 et d’Élisabeth Reich. ∞ ∞ I 1.8.1588 Marie- Ursule Grass dit Vay, fille de Hans-Beat G. ©. ∞ ∞ II Christine Vindler von Platz ; 4 fils : Jean-Adam, Jean-Henri, Jean-Beat et Melchior © 30. Élève du premier collège d’Ensisheim sous la direction de Jean Rasser (qui l’avait baptisé), il exerça les fonctions de bailli (Obervogt) d’Altkirch de 1590 à 1619 et fut l’un des protagonistes de la contre-réforme catholique (confrérie Saint-Sébastien d’Altkirch, chasse aux sorcières). Son mariage avec la fille de J.-B. Grass lui donna le château de Hirtzbach, devenu ultérieurement le centre du lignage.
J. Perrin, « L’administration de la seigneurie d’Altkirch avant la Guerre de Trente ans », Annuaire de la Société d’histoire sundgauvienne, 1978, p. 125-143, 1979, p. 69-100.

Georges Bischoff (notices 6 à 8) (1998)