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MARIE AIMÉE (Sœur)

Supérieure de la congrégation de la Divine Providence de Ribeauvillé (★ Fegersheim 26.8.1856 † Ribeauvillé 15.2.1931 et inhumée au cimetière du couvent de Ribeauvillé le 19.2.1931).

Née Marie Victoire Constance Schaeffer, fille de Joseph Schaeffer, originaire de Rosheim (★ 13.1.1825 † 25.12.1888), huissier à Fegersheim puis, à partir de 1863, à Molsheim, et de Mélanie Chast, originaire de Molsheim (★ 30.7.1830 † 9.1.1900). Ainée de trois filles. Classes primaires et primaires supérieures à l’école publique de Molsheim, puis au pensionnat Sainte-Marie de Ribeauvillé. Très tôt, Constance fut initiée aux devoirs d’une parfaite maîtresse de maison par sa mère. En même temps, elle fut une aide précieuse au bureau de son père qu’elle seconda efficacement à son retour d’une incarcération de neuf mois à Bitche pour francophilie (1878). En 1880, elle demanda son admission au couvent de Ribeauvillé et fit profession religieuse le 30 août 1881. En vue de faire carrière dans l’enseignement, elle dut parfaire sa formation chez les religieuses de Notre-Dame à Offenburg et acquit ses diplômes allemands à Karlsruhe. Elle enseigna successivement à l’École Normale privée de Ribeauvillé (1884-1894), puis à l’Institution de la Divine Providence à Strasbourg (1894-1898). Sœur Marie Aimée fut alors appelée à diriger l’École Normale de Ribeauvillé à laquelle elle donna une nouvelle impulsion : locaux spacieux pour l’école annexe. Elle encouragea des religieuses à préparer le diplôme de directrice d’école supérieure de jeunes filles ; d’autres poursuivirent des études universitaires à Strasbourg et à Münster (Westphalie). Élue assistante générale en 1899, elle fonctionna comme vicaire de la supérieure générale, malade, à partir de 1903 ; puis lui succéda en 1905 et fut réélue en 1911. Elle hâta l’achèvement de la restauration de l’église conventuelle (des Augustins) entreprise dès 1881 par Mère Eutropie (inauguration en 1907). Avec le supérieur Antoine Lotz ©, elle œuvra activement à la rédaction des Constitutions qui devaient promouvoir l’esprit religieux, inspirer et soutenir l’action apostolique de la congrégation (celles-ci furent approuvées à titre provisoire en 1909 et à titre définitif en 1928). Elle encouragea la réédition du Manuel de Prières à l’usage des sœurs et introduit le Paroissien dans les communautés. Enfin, elle entreprit une Histoire de la Congrégation qu’elle mit judicieusement en annexe dans le directoire approuvé par le chapitre général (mai 1910). Convaincue de l’importance du rôle de la femme au foyer et dans la société, elle remua ciel et terre pour obtenir l’autorisation d’ouvrir une école ménagère à Herrlisheim/Colmar (1912). À la suite de laborieuses négociations avec les autorités allemandes, la congrégation put continuer l’œuvre de l’éducation dans les écoles et les pensionnats. Mère Marie Aimée fut citée comme témoin lors des procès intentés aux sœurs à Ribeauvillé et à Mulhouse. Elle subit moultes interrogatoires et une perquisition au secrétariat et dans les bibliothèques du couvent. Convoquée devant le Conseil de guerre à Mulhouse, elle fut menacée de déportation : elle avait « l’âme française ». Sommée de démissionner de sa charge, atteinte dans sa santé et devenue presque aveugle, elle fut accueillie à la maison-mère des Sœurs du Très Saint-Sauveur à Oberbronn du 22 mars 1917 au 30 novembre 1918. Le 16 juin 1919, Alexandre Millerand ©, lui remit solennellement la croix de la Légion d’honneur (décret du 1er mai 1919) au jardin de ville de Ribeauvillé. Médaille de Fidélité en 1923.

Archives de la Maison-Mère des Sœurs de la Divine Providence de Ribeauvillé.

Sœur Fides Blumberger (1995)