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KLOECKLER de VELDEGG-MÜNCHENSTEIN de

Famille noble originaire de la Souabe autrichienne, fixée en Alsace depuis le milieu du XVIIe siècle.

Lehr, L’Alsace noble, 1870, II, p. 283-287 et Additions et rectifications, p. 19-20 ; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 1097-1098.

  1. Charles Antoine Ignace Morand,

maréchal de camp, (C) (★ Altkirch 30.8.1725 † Altkirch 10.11.1802). Fils de Joseph Jacques Léopold Kloeckler et de Marie Ève Neff. Célibataire. Sous-lieutenant au régiment d’Alsace en 1774 avec lequel il fit toutes les campagnes en Flandre de 1744 à 1746. Aide major dans le régiment Royal-Pologne infanterie allemande avec rang de capitaine en 1747 et major du régiment Royal-Bavière en 1763. Lieutenant-colonel du régiment Nassau le 23 août 1773 et aide maréchal général des logis de l’armée en Bretagne et en Normandie le 1er juin 1773. Brigadier le 1er mars 1780, maréchal de camp le 1er janvier 1784 et employé de 1789 à 1791 à Sedan. Retiré du service en 1792, il obtint une pension annuelle et viagère de 3960 livres, le 30 novembre 1792. Élu député de la noblesse à l’Assemblée du district de Belfort en 1787.

Archives historiques de l’Armée, 1ère série, dossier 3053 ; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 1097-1098.

  1. Charles Joseph Xavier Népomucène,

colonel et maire d’Altkirch, (C) (★ Altkirch 5.10.1753 † Altkirch 19.6.1807). Fils de François Xavier de Kloeckler, capitaine de grenadier au régiment Royal-Suédois, et de Marie Anne Zipper d’Angenstein. Neveu de 1. ∞ Marie Marguerite Walbourg de Coulon de Coin ; 2 fils. Sous-lieutenant au régiment Royal-Bavière (devenu Hesse-Darmstadt en 1770), lieutenant en 1778, capitaine en 1780, il servit en mer et en Espagne en 1782-1783, major au régiment suisse de Reinach en 1786. Licencié avec son régiment le 25 septembre 1792, il obtint une pension de lieutenant-colonel d’un montant annuel de 1819 livres le 11 décembre 1794. Nommé maire d’Altkirch en 1803. Chevalier de Saint-Louis le 21 novembre 1790.

Archives historiques de l’Armée, série dossiers individuels ; Lehr, L’Alsace noble, 1870, II, p. 286 ; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 1098.

† Alphonse Halter (1993)

  1. Eugène Charles Camille,

président de Chambre à la Cour d’appel de Colmar (★ Ferrette 2.1.1832 † Versailles, Yvelines, 1.8.1889). Fils de Charles Antoine Ignace Morand de Kloeckler (★ Altkirch 18.6.1793 † Colmar 31.12.1857), juge de paix du canton de Ferrette, et de Marie Françoise, baronne Blarer de Wartensee. Petit-fils de 2. ∞ 20.10.1857 à Colmar Marie Camille Richert († Colmar 17.9.1888), fille d’Edouard Richert, conseiller à la Cour d’appel de Colmar ; 1 fils et 1 fille : Morand (★ Belfort 28.10.1858), chef d’escadrons de l’Armée allemande, qui épousa le 5 janvier 1894 Agnès de Bécoczy ; Béatrice (★ Colmar 28.12.1873), qui ∞ 28.5.1896 à Arcachon, Gironde, Jules Cornède de Miramont. Licencié en droit le 20 septembre 1854, nommé avocat à Colmar le 3 novembre de la même année. Juge suppléant à Altkirch, puis à Belfort (1858), juge à Wissembourg (1860), puis à Sélestat (1863), chargé de l’instruction (1866). Juge chargé de l’instruction à Strasbourg (1868). Recommandé par sa sœur Françoise © 3, demoiselle d’honneur de l’impératrice, son cousin Castex © et François de Bulach, chambellans de Napoléon III. Entra dans la magistrature allemande après l’Annexion. Président de Chambre à la Cour d’appel de Colmar. Sitzmann confond Eugène de Kloeckler et son frère Charles © 2 ; cette erreur est donc fréquemment répétée.

Archives nationales, BB 6. II. 225. F ; Gothaisches Freiherrliches Taschenbuch, Gotha, 1903 ; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 1098 (sous Charles Joseph Népomucène Ignace Kloeckler) ; F. Igersheim, Politique et administration dans le Bas-Rhin, Strasbourg. 1993.

  1. Charles Louis Philippe,

haut fonctionnaire français, puis allemand (★ Ferrette 16.3.1834 † Strasbourg 30.3.1895). Frère de 3. ∞ 6.6.1859 à Vienne, Autriche, Anne de Trotha (★ Mülhausen, Thuringe, 20.7.1838 † sans doute Paris, où elle s’était retirée), fille du colonel prussien von Trotha et de son épouse née v. Berlepsch ; 2 filles et 1 fils, Raymond (★ Paris 8.1.1870), officier allemand, qui ∞ Irène Buffler-Scanavi. Aurait commencé sa carrière comme agent du comte de Chambord (un des « attachés » de son organisation) à Frohsdorf et Venise : c’est ce qu’il a confié à ses supérieurs allemands après la guerre de 1870. Suite à l’intervention de sa sœur et de son cousin Castex, il entra en 1869 comme commis au ministère de l’Intérieur français, attaché au cabinet du ministre pour les affaires de presse. Il conserva ces fonctions après septembre 1870, suivit le Ministère à Tours puis à Bordeaux, et ne démissionna qu’en juillet 1871 : il était alors sous-chef de bureau à la Division de la Presse. Dès mars 1871, ses beaux-parents Trotha s’adressèrent à Bismarck et à Roon et sollicitèrent pour leur gendre un emploi de sous-préfet en Alsace. Malgré les réserves du président von der Heydt, Charles de Kloeckler fut nommé conseiller de régence à Colmar, mais surnuméraire, payé sur les fonds secrets (Dispositionsfonds). Malgré les doutes exprimés tout au long de sa carrière sur la valeur de cette acquisition, Kloeckler fut considéré jusqu’à sa mort comme « le seul haut fonctionnaire français » à être entré dans la nouvelle administration, qui eut envers lui des obligations procédant de considérations politiques. Il bénéficia tout au long de sa vie de gratifications venant des fonds secrets : en 1874, à la mort de sa mère ruinée, en 1881 encore, pour rembourser largement les frais de ses campagnes électorales. À Colmar, il fut chargé des affaires de police, d’assistance et de presse. Longuement commentée par la presse française, l’algarade avec le baron de Murphy, aux Trois-Épis (juin 1872), témoigne de la difficulté de sa position. Dans la salle du Grand Hôtel, Murphy, très lié à Kloeckler avant la guerre, gifla le « renégat » : l’administration allemande traduisit Murphy en correctionnelle où il fut condamné à deux mois de prison, qu’il dut purger avant que ne puisse avoir lieu le duel indispensable ; les témoins de Murphy furent les colonels français Maurice de Reinach-Hirtzbach et Dumas. Charles de Kloeckler joua les utilités électorales, sous l’étiquette « catholique gouvernemental », au service de l’administration allemande qui l’opposa à Winterer © en 1874 (Altkirch-Thann), puis à Blumstein et Irénée Lang © à Sélestat (octobre et novembre 1881). En 1881, il fonda la Revue nouvelle d’Alsace-Lorraine, qui voulait concurrencer la Revue d’Alsace et la Revue catholique d’Alsace et parut jusqu’en 1889. Il y écrivit de fort nombreux articles. Une des œuvres la plus fréquemment citée parue dans la Revue (t. 5 et 6, 1884-1887) est La Société de Strasbourg par la baronne de ***, qui n’est autre que Charles de Kloeckler. Soumis à la loi d’un genre que la princesse Radziwill (sous le pseudonyme de Paul Vassili) rendit alors célèbre, et farci de cancans, c’est pourtant un témoignage fort précieux sur la société strasbourgeoise du Second Empire et de la période d’après l’Annexion. Nommé en 1879 conseiller impérial de régence, Kloeckler obtint enfin sa mutation pour Strasbourg en 1885.

Archives départementales du Bas-Rhin, AL 87 2858 et 2984 ; AL 47 124 et 127 ; D 20.42, élections au Reichstag (1874 et 1881) ; AL 71 48, Bureau de presse (Literarisches Büro) ; AL 87 4675, Dépenses du Bureau de presse ; Journal d’Alsace des 23.10. et 12.11.1881 ; Revue nouvelle d’Alsace-Lorraine, 1881-1889 ; Marquis de Bellaval, Souvenirs contemporains, Paris, 1900 ; Gothaisches Freiherrliches Taschenbuch, op. cit.

  1. Françoise Marie Antoinette,

demoiselle d’honneur de l’impératrice Eugénie (★ Ferrette 26.4. 1839 † Bordeaux ?). Sœur de 4. ∞ 30.12.1867 Louis Basset de Bellaval, secrétaire-fourrier du Palais impérial, retiré après 1870 à Bordeaux. Nommée le 16 mai 1866, sur recommandation de François de Bulach, Castex et Stéphanie Tascher de La Pagerie, lectrice, puis le 14 août 1866, demoiselle d’honneur de l’impératrice Eugénie. Mérimée la décrit comme « une jeune demoiselle d’Alsace, assez gentille, venue de Wissembourg, sans avoir jamais vu Paris. Elle a l’air intelligente et de bonne façon. Elle est absolument dépourvue de cette timidité embarrassante qui annonce surtout des prétentions. » Elle quitta ces fonctions après son mariage, mais resta à la cour avec son mari jusqu’à la chute de l’Empire. Ministres, présidents de cours et procureurs généraux de Colmar n’eurent pas cette bonne impression de Kloeckler, qui s’attacha, de façon quelquefois indiscrète, à faire la carrière de ses frères.

Gothaisches Freiherrliches Taschenbuch, op. cit. ; P. Mérimée, Correspondance générale, 2e série, XIII, Toulouse, 1958.

François Igersheim (1993)