DACHERT Alfred

(alias Abel Ruffenach, pseudonyme littéraire derrière lequel A. Dachert se dissimula jusqu’en 1971, tout en ayant été à l’origine d’une Société pour la défense des œuvres d’Abel Ruffenach), (Pl) (★ Strasbourg 3.11.1875 † Strasbourg 9.5.1972).

Fils de Philippe Frédéric Dachert, commerçant, et de Stéphanie Marguerite Arbogast. ∞ 8.4.1926 à Saint-Étienne Suzanne Marthe Gounelle (★ Alès 6.5.1981). Entra aux établissements Ungemach, puis gravit rapidement tous les échelons pour devenir directeur de la branche confiserie (Bonbons Loriot, réputés jusqu’aux États-Unis). Chargé par les établissements Ungemach, après la guerre de 1914-18, de réaliser à Strasbourg la cité qui porte leur nom ; avec le concours des architectes de Ruthé et Sorg, il effectua auparavant de nombreux voyages, notamment en Chine où il étudia le problème démographique pour faire de l’ensemble immobilier en construction une cité « eugénique », à but social. A également créé dans l’entreprise Ungemach elle-même une cantine et une bibliothèque pour le personnel et prévu la participation des employés aux bénéfices de l’entreprise. Précurseur dans tous ces domaines. Débuta en littérature sous le pseudonyme d’Abel Ruffenach, avec des poèmes lyriques en langue allemande. Poète, il a écrit et publié : Von ganzer Seele, 1892 ; Die Tausend Weiten, 1919 ; Singende Bilder, 1959. Comme auteur dramatique il a écrit sept pièces qu’il a rassemblées sous le titre général de L’heptalogie de Ruffenach. Cinq pièces ont fait l’objet d’émissions radiophoniques de mai 1949 à mars 1959, à Strasbourg, Nancy, Paris, Lausanne, de même qu’en Allemagne et en Belgique : La cathédrale ardente ; Le Moulin des Aulnes ; Le Val l’Evêque ; La Chambre Haute ; Le Saint Elme. Une 8e pièce a été intitulée, La tragédie du Président Woodrow Wilson et une comédie en dialecte alsacien, sBerdele (1971). Rédigés en langue allemande les textes de L’Heptalogie ont été traduits en français par le poète Léon Moussinac. À sa mort Abel Ruffenach a laissé plusieurs ouvrages inédits : Schloss Roog ; La Montagne en prière ; Musique à Rebours ; 4 tomes de ses Mémoires. Mme Jacquot et Jean-Paul Gunsett ont contribué à faire connaître Abel Ruffenach vers la fin de sa vie et le mirent notamment en relation avec le professeur Alfred Kastler. Dachert, en acceptant de sortir de l’anonymat, adhéra, à la Société des Écrivains d’Alsace et de Lorraine le 14.3.1972, mais mourut peu après.

Oeuvres originales en allemand déposées en 1970 à la Bibliothèque nationale universitaire de Strasbourg sous les cotes : ms. 5641 à 5648.

Jean Christian (1986)