
HAUTH Arnold, Frédéric, dit ”Fritz” ? Pharmacien, (Pl). (★Metz 26.11.1879, † Strasbourg 12.05.1920). Fils de Théophile Hauth (1846-1900), notaire, et d’Elise Jacot-Baron (★ Buenos Aires 1858, † Dorlisheim 1933). ∞ (Strasbourg 23.7.1906) Marguerite Felsz (★ Belfort 12.6.1886, † Strasbourg 20.11.1968), fille unique d’Adolphe André Felsz, commerçant à Strasbourg, et de Berthe Sigwalt. 3 enfants, Madeleine, Andrée et Théophile.
Après des études au collège de Metz et au lycée de Bouxwiller, Hauth vient travailler chez son oncle F. Hauth, pharmacien à Colmar. Puis, il voyage en Suisse et en Allemagne avant d’entreprendre des études de pharmacie à la Faculté de Strasbourg, d’où il sort diplômé le 19 juin 1905.
Durant ses études universitaires, Hauth a un rôle actif dans le milieu associatif pharmaceutique. Il fut le premier président de l’association « H2S », dont le bulletin était régulièrement illustré par Jean-Jacques Waltz (Hansi) . Dans la nécrologie de Hauth, son confrère et ami Alfred Dahlet rappelle : « comme étudiant [Fritz Hauth] a marqué sa place dans l’histoire protestative française de l’Université de Strasbourg, car c’est lui qui fonda le cercle des étudiants alsaciens-lorrains pour s’opposer à l’influence grandissante des corporatismes estudiantins allemands dans lesquels malheureusement beaucoup des nôtres commençaient à se perdre … ».
C’est dès 1905, avant même qu’il ne s’établisse, que Fritz Hauth élabore ses premières recettes pharmaceutiques. Technicien chimiste, pharmacien hors pair, il invente la Céfaline Hauth médicament portant son patronyme, vendu sous forme de poudre en petits sachets. Ce sera assurément l’antalgique, le plus réputé dans toute l’Alsace, pendant des décennies.
En 1914, il s’associe à parité avec Edmond Beretz, pour racheter la Pharmacie de l’Homme de Fer à Strasbourg à un dénommé Karl Cornélius. Résolument francophile, sa pharmacie était devenue pendant la Grande Guerre un lieu d’échange pour tous ceux qui croyaient fermement en la victoire française. Vers la fin du conflit, Fritz Hauth eut un rôle actif dans l’organisation des festivités d’accueil des troupes françaises, dirigées par le général Gouraud ©, en tant que membre du « Comité central de réception des troupes françaises à Strasbourg » dont il sera diplômé.
Après l’armistice, Fritz Hauth se lance dans la politique et rejoint de Parti Radical Alsacien qui prend ses racines dans les particularités régionales et les difficultés de la réintégration à la France. Il s’agit d’un parti centriste, constitué d’une bourgeoisie réformatrice germanophobe, prônant une assimilation rapide des alsaciens à la Mère Patrie, tout en conservant des particularités alsaciennes. C’est avec cette étiquette qu’il est élu, en 1919, au Conseil municipal de Strasbourg, où il siège dans l’opposition face aux socialistes dirigés par le maire Jacques Peirotes ©.
Il n’y siégea cependant guère longtemps, puisque Fritz Hauth décède à son domicile le 12 mai 1920.
Dernières Nouvelles de Strasbourg, 13 mai 1920, article nécrologique.
HERZOG (Françoise), La belle époque de l’H2S ou L’exercice de la pharmacie en Alsace-Lorraine de 1894 à 1918 , Mémoire de diplôme d’État de Docteur en Pharmacie présenté le 18 avril 1985 à Strasbourg.
HAUTH (Pascal), Saga de deux familles bourgeoises protestantes alsaciennes, Strasbourg, 2025.
Pascal Hauth




