Né le 31 mai 1866 à Lapoutroie (Haut-Rhin), décédé le 29 mai 1963 à Saint-Symphorien-les-Ponceaux (Indre-et-Loire). Fils de Jean-Baptiste Petitdemange et de Marie Claire Vincent. Marié le 5 juillet 1905 à Paris avec Berthe Stutz (née le 29 avril 1886 à Mulhouse et décédée le 2 décembre 1970 à Chinon). Le couple a deux filles : Berthe Simone Liliane dite Lilly (1905-1971) qui épouse en 1926 Roger Charbonnier, originaire de Parthenay dans les Deux-Sèvres, le couple est établi à Chinon, et Madeleine Augustine Léone dite Léone (1907-1996) qui épouse en 1928 Arthur Neumeyer, viticulteur à Ingersheim.
Son père décède six mois avant sa naissance, laissant une veuve et quatre orphelins. Sa mère se remarie en 1866 à Lapoutroie avec Jean-Michel Werte, mais elle décède dès 1871. Les quatre enfants Petitdemange sont pris en charge par la famille maternelle résidant à Plainfaing (Vosges). Leur oncle maternel, tuteur légal, opte pour eux en faveur de la nationalité française le 23 août 1872.
Après des études au lycée de Besançon, il entre à l’école militaire de Saint-Cyr en 1887. Classé 51e sur 446 élèves-officiers, le sous-lieutenant Petitdemange choisit en 1889 l’infanterie coloniale dans laquelle il effectue l’essentiel de sa carrière. Nommé lieutenant en octobre 1891, il part au Tonkin de 1893 à 1896, au Dahomey, puis à Madagascar par intermittence jusqu’en 1907. Il obtient le grade de capitaine en 1899. Le général Gallieni, commandant en chef du corps d’occupation de Madagascar, lui adresse une lettre de félicitations en 1903. L’année suivante, il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur. Il participe ensuite à la pacification du Maroc de 1908 à 1915 où il est promu lieutenant-colonel en 1914.
En mai 1915, le général Marchand, commandant la 10e division d’infanterie coloniale, lui confie la formation du 52e régiment d’infanterie coloniale qu’il commande pendant près de deux ans. Véritable meneur d’hommes, il prend part à l’offensive en Champagne en septembre 1915, ce qui lui vaut une citation du général Joffre : « dans l’attaque du 25 septembre 1915 comme commandant du régiment puis comme commandant de brigade, a déployé les plus belles qualités de chef : décision, énergie, exemple. Après l’assaut, a maintenu un contact sous un feu violent d’artillerie et d’infanterie de cinq jours, le moral et l’entrain de ses troupes ». Un mois plus tard, le 19 octobre 1915, il obtient la rosette d’officier de la Légion d’honneur ainsi que la croix de guerre avec palme.
Son régiment est envoyé dans la Somme en 1916. Devenu colonel, il est l’objet d’une nouvelle citation à l’ordre du 2ecorps d’armée coloniale. Le général de division Marchand dresse ainsi son portrait : « chef très strict et passionné pour son métier. Alsacien tenace et avide de la Revanche, profondément guerrier tel était le colonel, il fit le régiment à son image, régiment discipliné et uni, confiant, robuste, en un mot outil de guerre remarquable ». A la tête de la 19e brigade d’infanterie coloniale, il est grièvement blessé le 16 avril 1917 au cours de la bataille du Chemin des Dames en se portant en première ligne pour reconnaître la résistance ennemie. Après son hospitalisation dans le Var, il dirige l’instruction des bataillons sénégalais dans le sud de la France, avant de retourner au combat en juillet 1918. Victime d’une intoxication au gaz de combat, le 15 août 1918, il se couvre de gloire et obtient une troisième citation à l’ordre de la 4e armée : « a fait preuve une fois de plus des plus solides et des plus belles qualités, d’énergie, de volonté, d’activité inlassable, de bravoure communicative au feu ». Il participe aux ultimes offensives contre les troupes allemandes en Belgique, ce qui lui vaut les honneurs du dernier alinéa du dernier communiqué de la Grande Guerre du 13 novembre 1918.
Il est promu général de brigade le 23 décembre 1918. En mars 1919, il organise la 3e division de chasseurs polonais qu’il conduit en Pologne où il reçoit la cravate de commandeur de la Légion d’honneur le 17 janvier 1920. Rentré de Pologne en février 1920, il est envoyé aussitôt au Tonkin où il commande de 1920 à 1923 la première brigade. Il est admis à la retraite en 1926. Le général de brigade Petitdemange compte 24 années de campagne, trois lettres de félicitations, quatre citations et deux blessures au combat.
Il est décoré de la médaille coloniale avec agrafe Tonkin, de la médaille de Madagascar avec agrafe Madagascar, de la médaille commémorative du Tonkin, de la médaille du Maroc avec agrafe Casablanca, il est chevalier de l’Etoile noire du Bénin et de la Croix de guerre polonaise. Âgé de 86 ans, il est promu Grand-Officier de la Légion d’honneur en 1952.
De 1926 à 1952, i1 réside à Mont-devant-Sassey (Meuse) puis, à partir de 1952, à Paris. Une rue porte son nom dans son village natal de Lapoutroie où il est inhumé.
Philippe Jéhin
Sources :
Le Nouvelliste d’Alsace du 28 mai 1926
Fichier Léonore, index des titulaires de la Légion d’honneur (www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr)




