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TRENSZ (DRENSZ, TRENS)

Famille de jardiniers strasbourgeois (C, puis PI) dont on peut suivre la destinée depuis le XIVe siècle, mais sur laquelle on ne possède que des renseignements ponctuels. Plusieurs membres ont représenté la tribu des Jardiniers au Grand Sénat entre 1388 et 1623 — plus particulièrement Augustin, de 1542 à 1552, et Jacob, de 1552 à 1557 ; ce dernier désira démissionner en 1555 pour des raisons de santé « wegen bledickeit meins hopts und gehörs » (Archives municipales de Strasbourg, VI, 492/1), ainsi qu’au Conseil des Quinze entre 1543 et 1613, notamment Beat de 1575 à 1586 et Augustin de 1597 à 1613 (voir J. Hatt et Th. A. Brady, ouvr. cités). À la fin du XVe et au début du XVIe siècle, plusieurs Trensz sont prêtres : Nicolaus, en 1487 ; Jacob, chapelain de l’autel Notre-Dame à Sainte-Aurélie en 1460 (Archives du Chapitre de Saint-Thomas, déposées aux Archives municipales de Strasbourg, 12) ; le même (?) vicaire perpétuel à Achenheim en 1493 (Archives municipales de Strasbourg, Archives du Grand Chapitre, Liber investiturarum 196 f° 29) ; Jacob, junior, étudiant à Heidelberg de 1512 à 1514, devint vicaire du Grand Chœur et acquit le droit de bourgeoisie le 24 janvier 1525 ; le même (?) fut chapelain de l’autel Sainte-Catherine à Saint-Étienne en 1509 (Archives municipales de Strasbourg, Liber investiturarum 194 f° 97 v°), annota le livre d’anniversaires de la cathédrale (Archives départementales du Bas-Rhin, H 1613) et fut vicaire à Saint-Thomas en 1518 (Brady, op. cit., p. 308). Margaretha, en épousant le réformateur Caspar Hedio © en 1524, provoqua la colère de son frère Augustin qui ne voulait pas d’un « défroqué » comme beau-frère (Annales de S. Brant n° 4521). Plusieurs membres de la famille apparaissent comme prêteurs d’argent à d’autres jardiniers (Brady, op. cit., p. 307). La richesse des archives disponibles permettrait une étude généalogique, professionnelle, politique et confessionnelle de cette famille établie à Strasbourg depuis six siècles sans discontinuité.

Aux sources figurant chez Th. A. Brady, op. cit., p. 307-308 et celles citées ci-dessus, on peut ajouter Archives départementales du Bas-Rhin, E 5808bis f° 117 ; Archives du Chapitre de Saint-Thomas, déposées aux Archives municipales de Strasbourg, 11 f° 268 ; Chambre des contrats 5 f° 235 et 257 ; série V 13/27 et 52,14/49,19/29 et 36, 153/23 ; Bibliothèque nationale et universitaire de Stras, Ms 1050 f° 194 (exemplaire photocopié aux Archives municipales de Strasbourg) ; J. C. H. Weissenborn, Akten der Erfurter Universität, Allgemeine Studentenmatrikel, erste Hälfte (1392-1492), I, Halle, 1881, p. 200, 416 ; G. Töpke, Die Matrikel der Universität Heidelberg, I, 1884, p. 487 ; G. C. Knod, « Elsässische Studenten in Heidelberg und Bologna », Zeitschrift für die Geschichte des Oberrheins, t. 46, 1892, p. 338 ; L. Dacheux, « Les annales de Sébastien Brant », Bulletin de la Société pour la conservation des monuments historiques d’Alsace, t. 19, 1898, p. 95, n° 4521 ; Charles Wittmer et J. Charles Meyer, Le Livre de bourgeoisie de la ville de Strasbourg 1440-1530, t. 2, p. 475, 707 ; J. Hatt, Liste des membres du Grand Sénat de Strasbourg…, 1963, p. 557, 673 (passim) ; W. Stafford, Domesticating the Clergy : the Inception of the Reformation in Strasbourg 1522-1524, Missoula (Montana), 1976, p. 210-218 ; Th. A. Brady, Ruling Class, Regime and Reformation at Strasbourg 1520-1555, Leiden, 1978, p. 434 (passim) ; J. Rott, Correspondance de Martin Bucer I (jusqu’en 1524), Leiden, 1979, p. 245, n. 10 ; M. Lienhard, J. Willer, Strassburg und die Reformation, Kehl, 1981, p. 358 (passim) ; R. Bornert, La réforme protestante du culte à Strasbourg au XVIe siècle (1523-1598)…, Leiden, 1981, p. 649 (passim) ; L. J. Abray, The People’s Reformation… 1500-1598…, Leiden, 1981, p. 649 (passim) ; idem, The People’s Reformation… 1500-1598, Ithaca (New York), 1985, p. 34, 231 ; J. Rott, Investigationes historicae, I, Strasbourg, 1986, p. 177, n. 39 ; M. Alioth, Gruppen an der Macht. Zünfte und Patriziat in Strassburg im 14. und 15. Jh., Bâle, 1988, p. 343 ; M. Lienhard, S. Nelson, H. G. Rott, Quellen zur Geschichte der Täufer, Bd XVI, Elsass, IV. Teil, Stadt Strassburg 1543-1552..., Gütersloh, 1988, p. 398, 569 (passim) ; P. Greissler, Liste des échevins et des directeurs de tribus de métiers de Strasbourg (1640-1790), Strasbourg, 1990, p. 147.

† François-Joseph Fuchs (2001)