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SPORER Thomas

Musicien, (C) (★ probablement a? Fribourg en Brisgau vers 1490 † premie?re moitie? de l’anne?e 1534). Sporer n’a laisse? que peu de traces. De sa famille et de sa formation musicale, on ignore tout. On a suppose? qu’il e?tait originaire de Strasbourg, car un certain Heinrich Sporer re?sidait en 1482 dans la ville, mais sans qu’il existe de preuves d’une e?ventuelle parente?. Il est plus probable que Sporer e?tait originaire de Fribourg, puisque lors de son immatriculation a? l’Universite? de Fribourg, le 27 février 1506 (la pre­mie?re donne?e su?re de sa vie), il figure comme Fribourgeois. Il semble que Sporer n’obtint aucun titre acade?mique, ni a? Fribourg, ni ailleurs. En 1513, il ve?cut avec sa femme dans la ville impe?­riale de Lindau au lac de Constance. Le 11 octobre 1523, le Se?nat de l’Universite? de Fribourg le nomma prieur de la Adlerburse (Bourse de l’Aigle). Le lieu de son de?ce?s est inconnu. Mais, le fait que tous ceux qui ont participe? a? l’e?dition d’un Epicedion pompeux en son honneur e?taient des Strasbourgeois, confirme l’hypo­the?se que Sporer passa ses dernie?res anne?es a? Strasbourg ou, au moins, qu’il entretenait d’im­portantes relations professionnelles et ami­cales. On n’a certainement pas tort de le mettre en rapport avec le cercle humaniste qui marqua fortement la vie culturelle de Strasbourg lors des deux premie?res de?cennies du XVIe sie?cle.

L’Epicedion Thomae Sporeri est une œuvre remarquable. Il s’agit d’une apothe?ose du de?funt: dans une sce?ne alle?gorique, les muses proclament que Sporer est juge? e?tre digne de re?gner au lieu d’Apollon. Le petit nombre de compositions de Sporer qui nous sont parvenues ne permet gue?re de ve?rifier l’immense estime que lui portaient ses amis strasbourgeois. Le texte de l’Epicedion est de Johannes Sapidus ©, la musique pour chœur a? 5 voix de Sixt Dietrich. La composition, parue chez Schoeffer © et Apiarius a? Strasbourg en 1534, dont seules les voix d’alto et de te?nor I et II ont surve?cu, porte comme illustration les portraits de ses amis Hans Rudolfinger © et Hans Baldung Grien ©. Un autre Epitaphium pour Sporer fut re?dige? par le mai?tre de chapelle a? la cour de Hesse, Johannes Heugel (avant 1500-1585), e?galement en 1534 (manuscrit dans la Landesbibliothek de Kassel: Ms 118, n° 17). Les relations entre Heugel, qui e?tudia a? Leipzig, et Sporer nous sont inconnues. Œuvres musicales: Tota die, motet en deux parties, il n’existe que la basse sans texte (manuscrit incomplet dans la Bibliothe?que du Gymnase de Heilbronn : Ms X2 n° 2) ; Exemplum diminutionis, dans Practicae musicae prae­ cepta… per Joanem Zangerum Oenipotentam, Leipzig, 1554; Wa?ralle schrift durch M. gemacht, chanson a? 3 voix pour une M. (Maria ou un nom semblable), dans Tricinia, Wittenberg (Georg Rhaw), 1542, t. 2, p. 57 ; Ein armer man wolt weiben, a? 4 voix, dans Reutterliedlin, Francfort/Main (Christian Egenolff), 1535, n° 6. Les six chansons suivantes sont toutes parues dans Fu?nff vnd sechzig teu?tscher Lieder, Strasbourg (Schoeffer et Apiarius), 1536 : Wer lu?tzel bhalt (Bohnenu?ed), a? 4 voix (n° 7), Auf dies fa?­ nacht, a? 4 voix (n° 16), aussi pour luth dans: Ein newgeordnet ku?nstlich Lautenbuch (e?dite? par Hans Neusidler), Nuremberg (Johannes Petrejus), 1536, t. I, p. 36 ; Butschaft schadt neut, a? 5 voix (n° 25) ; Frolich mu? ich singen, a? 5 voix (n° 38), manuscrit a? la Bibliothe?que royale de Copenhague : Ms Gl. Kgl. S. 1872, 4°; Lieb ist subtil, a? 4 voix (n° 40) ; Lassa laufen, mein man ist in krieg, a? 4 voix (n° 65).

Vogeleis, 1911, p. 192-194, 226, 230, 234; H. Zenck, Sixtus Dietrich. Ein Beitrag zur Musik und Musikanschauung im Zeitalter der Reformation (= Publikationen der Abteilung zur Herausgabe a?lterer Musik, 3. Jg., 2. Teil; Publikationen des Staatlichen Sa?chsischen Forschungsinstituts fu?r Musikwissenschaft, 7), Leipzig, 1928, p. 28-29; H. J. Moser, Die erhaltenen Tonwerke des Alt-Stra?burger Meisters Thomas Sporer † 1534 (= Bärenreiter-Ausgabe 295), eingeleitet und hrsg. im Auftrag des Wissenschaftlichen Instituts der EIsa?-Lothringer im Reich von H. J. Moser, Kassel, 1929; Th. Ge?rold, « Hans Rudolfinger et ses amis artistes », L’Humanisme en Alsace, Congre?s de Strasbourg 20-22 avril 1938, publ. par l’Association Guillaume Bude?, Paris, 1939, p. 205-214; W. Gurlitt, « Johannes Kotter und sein Freiburger Tabulaturbuch von 1513 », Elsass-Lotringisches Jahrbuch, 19, 1941, p. 216-237; Die Musik in Geschichte und Gegenwart, vol. 6, 1957, col. 338 (not. Heugel) et vol. 12,1965, col. 1093-1094 (not. Sporer) ; B. A. Fo?llmi, Das Musikleben der Stadt Stra?burg an der Schwelle zur Fru?hneuzeit (15. bis Mitte 16. Jahrhundert), Habilitationsschrift de l’Universite? de Zurich, 1999.

Beat A. Föllmi (2000)