Compositeur et chef d’orchestre (né Libourne, Gironde, 3.9.1826 † Les Andelys, Eure, 25.9.1893). Fils de Joseph Sellenick, né à Pettau en Styrie, basson au 1er régiment de Chasseurs à cheval, et de Marie-Anne Christmann, cantinière. Ses grands-parents étaient originaires de Pettau en Styrie. Il fut élevé à Strasbourg, où il fut élève de S. Schwaederlé © à l’école municipale de violon. À partir de 1844, il se consacra à l’étude du cornet à pistons, puis travailla l’harmonie et le contrepoint avec Ph. Hoerter ©. En 1845, il fonda la fanfare Sellenick dissoute en 1887, puis reconstituée en 1890 sous le nom de fanfare Vogesia. Engagé au théâtre comme premier cornet, Sellenick occupa ensuite le poste de premier chef d’orchestre, de 1850 à 1854. À cette date, il quitta Strasbourg pour prendre la direction de la musique du 2e régiment de Voltigeurs de la Garde impériale, avec lequel il fit la campagne d’Italie en 1859. Fait prisonnier à Metz en 1870, il revint l’année suivante en France et prit bientôt la direction de la musique de la 2e légion de la Garde républicaine, J. G. Paulus © assurant celle de la 1re. En 1873, les deux musiques furent réunies en une seule formation, dont Sellenick fut titularisé chef le 26 février 1874. Les concerts qu’il donna à sa tête dans les Jardins des Tuileries, aux Luxembourg et au Palais Royal connurent une grande vogue. Sellenick prit sa retraite en 1884.
Compositeur fécond, Sellenick écrivit d’innombrables marches, fantaisies et danses variées. Une de ses pièces les plus célèbres fut la Marche indienne, dédiée au prince de Galles, futur Edouard VII, œuvre qu’il exécuta en sa présence à Londres, en 1879. On lui doit également quatre symphonies dramatiques et plusieurs opéras-comiques: Crispin rival de son maître (Théâtre lyrique, 1860), Les diamants de la diva, Le Florentin, Le Turc malgré lui, D’une pierre deux coups.
Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 2, 1910, p. 768; Pr. Sutter, « A.-V. Sellenick », Elsass-Lothringische Gesang- und Musikzeitung, 1912-1913, p. 54-56; Fr. Sali, « Sellenick », Bulletin mensuel de la Fédération des sociétés de musique d’Alsace, 1938, n° 9, p. 4-8 ; « Deux Alsaciens créateurs et premiers chefs de la Musique de la Garde républicaine », Almanach de l’Alsace et des marches de l’Est, 1954, p. 171-174.
Geneviève Honegger (2000)




