DAUM Jean

Notaire (★ Bischwiller 23.6.1825 † Nancy 10.2.1885).

Fils d’Adam Antoine Daum, drapier, et d’Anne Barbe Anstett. Après des études secondaires à Bischwiller, il devint clerc de notaire, successivement à Haguenau et Niederbronn, puis, le 21.5.1851, notaire à Bitche. ∞ Marie- Louise Cordule Isenmann, originaire de Niederbronn, fille d’aubergiste. 6 enfants. Parmi ses principaux clients figuraient des maîtres verriers de Meisenthal, Goetzenbruck et Saint- Louis. Il occupa rapidement une place importante dans la cité et fut élu conseiller municipal puis adjoint au maire, de 1858 jusqu’à la guerre. Après le traité de Francfort, il opta pour la nationalité française et s’installa à Dombasle, Meurthe-et-Moselle, où l’accueillit une famille amie. Le 5.10.1876, avec son épouse et leurs enfants, il s’établit à Nancy comme nombre d’Alsaciens et de Mosellans. À cette période, l’ancienne cité ducale, longtemps éclipsée par Metz, prit une ampleur inattendue et joua un rôle de capitale : sa population progressa de façon notable, l’économie fut dynamisée, des entrepreneurs vinrent compléter le tissu industriel, de nouvelles voies de communication furent construites ou en projet. A l’époque de son arrivée à Nancy, la fortune du ménage s’élevait à 500 000 francs. Cette somme substantielle permit au notaire de prêter de l’argent à Guillaume Avril et Victor Bertrand, propriétaires de la verrerie Sainte-Catherine construite en 1873-74 à l’Est de Nancy au lieu-dit le Pont Cassé, enregistrée comme fabrique de verre à vitres, mais produisant des verres de montre et des bobèches. Un premier prêt devait permettre d’installer les constructions nécessaires à l’industrie projetée, un second de faire de nouvelles constructions. Malheureusement la santé financière de l’entreprise ne fut pas bonne. Afin de ne pas tout perdre, Jean la racheta pour 50 000 francs le 23.3.1878. Dès lors, la société Avril Bertrand et Cie fit place à la Verrerie de Nancy. Mais, si Jean Daum disposait des bâtiments et de l’outil de production, il perdit un certain nombre d’ouvriers et de contremaîtres. Par ailleurs, rien dans sa formation initiale ne le prédisposait à diriger une verrerie. Aussi chercha-t-il à s’entourer de personnes compétentes, faisant venir des ouvriers d’une verrerie de Montferrand, Doubs, mise en vente en septembre 1877 et nommant comme directeur de la manufacture un verrier confirmé, Eugène Marquot, ancien directeur de la verrerie de Sars-Poterie, Nord. Il demanda également à l’aîné de ses fils, Auguste, de venir l’épauler. L’engloutissement de la fortune familiale restreignit d’une certaine manière le choix professionnel des garçons et, faute de dot suffisante, aucune des filles ne se maria. Lorsque J. Daum mourut, l’entreprise ne s’était pas encore véritablement développée. Pour autant, il peut être considéré comme le premier représentant d’une lignée de verriers prestigieux, continuée après lui, par ses fils Auguste, Antonin et Paul, son petit-fils Michel et son arrière-petit-fils Jacques Daum.

Véronique Brumm (2004)