BRICKA André

Artiste-peintre (★ Strasbourg 7.2.1922).

Fils d’Alfred Bricka, tapissier, et d’Eugénie Wernert. À peine finies ses études secondaires au lycée Fustel de Coulanges, le voilà contraint de se battre en Russie sous l’uniforme allemand. Il déserta, fut condamné à mort, puis libéré le 23.11.1944. Sorti des Arts Décoratifs de Strasbourg, il fonda avec Claude Roger-Marx et quelques autres « Le Groupe de l’Issue », poursuivit sa formation à Paris auprès d’André Lhote ainsi qu’à la Grande Chaumière, Académie libre de Montparnasse (1946-1948). Il tint son atelier à Strasbourg et exposa à Strasbourg, Colmar, Mulhouse, Paris. Auteur de fresques pour la chapelle de l’hôpital de Colmar (1953), pour les églises de Kunheim, de Birlenbach et de Boofzheim (1955, 1956), il a doté de mosaïques ou fresques murales quelques écoles à Strasbourg, Sélestat et Colmar (1958), et s’intégra d’emblée au fameux « Groupe de l’Oeuf » que venait de fonder l’un de ses amis J.-J. Hueber, président des artistes indépendants d’Alsace. Il assura de 1956 à 1975, un cours de dessin académique à l’École des Arts décoratifs. André Bricka cultiva la peinture de chevalet, dont le Musée des Beaux-Arts au Palais Rohan détient quatre spécimens : Nelly (1949), La femme en bleu (1954), Les moines blancs (1963) et Les hauteurs de Skynos. D’autres de ses tableaux sont entrés aux musées de Karlsruhe et de Luxembourg. Après 1975, il passa six mois chaque année en Grèce, dans les Cyclades : c’est là qu’il créa, désormais, nombre de paysages au style figuratif interprété. Il parcourut l’Espagne, l’Italie, l’Afrique du Nord, exposa régulièrement à Venise et à Juan-les-Pins. Chevalier des Arts et Lettres (1971).

Dernières Nouvelles d’Alsace du 9.5.1971 ; R. Heitz, « Réalité et fictions dans l’art en Alsace », Saisons d’Alsace n° 78-79, 1982, p. 195 ; Interviews avec A. Bricka lui-même et avec J.-J. Hueber, aux Arts décoratifs de Strasbourg, février 1983.

Gérard Cames (1984)