BRAUN Jean Adolphe

Dessinateur, photographe, (C) (★ Besançon 13.6.1812 (1811 ?, 1812 ?, selon d’autres) † Mulhouse-Dornach 31.12.1877).

Fils de Samuel Braun (★ 1785 † 1877), gendarme, et d’Antoinette Regard. ∞ I 29.11.1835 Louise Danet, fille de l’ancien secrétaire général des écuries du gouverneur sous l’Empire, puis du roi. ∞ II 12.12.1843 Pauline Baumann, fille de l’horticulteur de Bollwiller. Cinq enfants : Marie (★ 1835 † 1909), Henri, artiste-peintre, (★ 1837 † 1876), Louise (★ 1840), Gaston (★ 1845 † 1923), Marguerite (★ 1848 † 1937). Après l’école primaire et l’école industrielle de Mulhouse, il acheva son apprentissage de dessinateur industriel, se spécialisant dans le dessin de fleurs pour toiles peintes. Il ouvrit en 1834 à Paris la société Braun et Cantigny (exploitation de dessins), puis il se lança dans la négoce des étoffes (1838) ; il reprit un atelier de dessin (1840), et accepta le poste de premier dessinateur chez D.M.C. à Mulhouse en 1843. Il créa son propre atelier à Dornach en 1848 et connut une grande réputation. Dès 1850, il s’intéressa à la photographie des fleurs. Il y vit de suite l’exploitation pour le dessin industriel.

En 1850 il publia Fleurs photographiques, 6 volumes, 300 planches. De la photographie stéréoscopique il passa à la photographie de paysages. Il parcourut la Suisse, la Savoie, l’Allemagne et photographiait. Il introduisit la photographie panoramique. L’art photographique lui doit beaucoup. Il laissa notamment quelques albums qui constituent une documentation historique de grande valeur : Théâtre de guerre 1870/71. Il s’intéressa par la suite aux chefs d’œuvre de l’art. Il procéda dans les principaux musées d’Europe à la prise de vue des plus beaux chefs-d’œuvre, notamment au Louvre, aux musées de Bâle, de Weimar, de Florence, de Vienne, de Venise, de Rome, de Dresde, d’Oxford, de Neuchâtel, de Lille, de La Haye, d’Amsterdam. Il reproduisit ainsi de nombreux chefs d’œuvre de Michel Ange, du Titien, de Léonard de Vinci, de Raphaël, de Rembrandt, de Rubens, de Holbein,
de Durer. Napoléon III lui décerna la Légion d’honneur. Son intense activité transforma ses ateliers en un établissement industriel. À part les albums d’œuvres d’art, il publia : Recueil de dessins servant de matériaux destinés à l’usage de fabriques d’étoffes, porcelaines, papiers peints etc. destinés à M. Daniel Dollfus par son ami A. Braun, Paris 1842 ; Photographies de fleurs à l’usage des fabriques de toiles peintes, papiers peints soieries, porcelaines, 1855.

Koechlin-Ziegler, « Rapport sur les photographies de M. A, Braun », Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, 1854-55, ti. 26, p. 315 ss ; Industriel alsacien, des 21 et 26.1.1869 et 18.5.1876 ; P. (de) Saint-Victor, « A. Braun », Moniteur universel, du 7.1.1878 ; Ch. Blanc « A. Braun » (article nécrol.), Illustration, du 26.1.1878 ; Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Rixheim, t. 1, 1909 I, p. 216 ; G. Noël, « La photographie à Mulhouse depuis un siècle » , Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, 1948, n° ll-lll, p. 49-52 ; G. Besson, Un siècle de techniques, Établissement Braun et Cie, Mulhouse, 1948 ; G. A. Hirn, « Une fantaisie à propos des photographies de M. A. Braun », Revue d’Alsace, 1961, p. 241-255 et 315-330 ; A. Schwobthaler, « La prestigieuse collection de photos d’Adolphe Braun fait revivre le Second Empire », Ami du Peuple du 12.8.1979, p. 3 ; P. Tyl, Adolphe Braun, photographe mulhousien, Mémoire de maîtrise, Strasbourg, 1982.

Raymond Oberlé (1984)