Skip to main content

ARON Jean-Paul

Philosophe, anthropologue, historien, écrivain (★ Strasbourg 27.5.1925 d. Paris 18e 20.8.1988).

Fils de Max Aron ©. Célibataire. Après des études supérieures à Strasbourg et à Paris, il fut reçu à l’agrégation de philosophie en 1953. J.-P. Aron compléta sa formation en psychologie, psycho-physiologie, embryologie, zoologie et il obtint une licence ès sciences (1957). Il enseigna au lycée de Tourcoing, Nord, de 1952 à 1955 puis fut détaché au C.N.R.S. pour préparer une thèse sur la naissance de la biologie en France au début du XIXe siècle, qui ne fut jamais soutenue. Chef de travaux à la 6e section de l’École pratique des Hautes Études en 1960, il fut élu directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences sociales en 1977. Il enseigna également aux États-Unis à la Northwestern University, puis quelques années plus tard, à l’invitation de son ami Roger Kempf, à la New York University. Parallèlement à son œuvre d’histoire de la biologie, beaucoup de ses travaux portèrent sur l’anthropologie historique. Il développa aussi des recherches en histoire sociale et culturelle. J.-P. Aron fut aussi amateur de peinture, notamment celle de son ami Byzantios, et de musique, producteur à la radio et à la télévision. Passionné de théâtre, il fit jouer plusieurs de ses pièces et joua lui-même avec d’autres écrivains, comédiens amateurs (Ionesco, Nathalie Sarraute, Alain Robbe-Grillet, Florence Delay). Il fut conseiller technique au cabinet de Jack Lang, ministre de la Culture, en 1981. Il fit sensation le 30.11.1987 en révélant dans Le Nouvel Observateur qu’il était atteint du SIDA, alors qu’aucune personnalité connue en France n’avait osé cette démarche. Il réitéra cet « aveu » au cours d’une émission télévisée sur Antenne 2 le 21.6.1988. « Il se faisait passer pour le bouffon, au sens noble, seigneurial et canularesque : celui qui dit aux grands et aux autres, des vérités malséantes et cachées. Cachées sous la grimace ricanante, le sarcasme tonitruant, la facétie signifiante du dandy. Philosophe par des voies détournées, il s’était fait l’ethnologue de notre culture occidentale, observateur de nos mythologies, comme son ami-ennemi Roland Barthes » (Nicole Zand).

Fiction : La Retenue, roman, Paris, 1962 ; Point mort, roman, 1964 ; Théâtres (Le Bureau, Fleurets mouchetés), Paris, 1970 (rééd. Paris, 1984; trad. angl. Chicago, 1971) ; Les voisines, Paris, 1980.

Travaux scientifiques et essais : Essai sur la sensibilité alimentaire à Paris au XIXe siècle, Paris, 1967 (trad. anglaise, New York, 1974); rééd. et présentation de : Philosophie zoologique de Lamarck, Paris, 1968 ; Essais d’épistémologie biologique, Paris, 1969 ; avec Paul Dumont et Emmanuel Le Roy Ladurie, Anthropologie du conscrit français… (1819-1826), Paris-La Haye, 1972 ; a dirigé Qu’est-ce que la culture française, Paris, 1975 ; Le Mangeur du XIXe siècle, Paris, 1975 (en collection de poche, Paris, 1976) ; avec Roger Kempf, Le Pénis et la démoralisation de l’Occident, Paris, 1978 (réédité sous le titre : La Bourgeoisie, le sexe et l’honneur, Bruxelles, 1984) ; a dirigé : Misérable et glorieuse, la femme du XIXe siècle, Paris, 1980 ; Mon sida, Paris, 1988.

 

Léon Strauss (2004)

Sources :

Le Monde des 14.1.1988, 19.6.1988, 23.8.1988, 26.8.1988, 28.8.1988, 30.4.1992, 16.2.1996; G. Hourdin, « L’aveu de J.- P. Aron », La Vie du 7.7.1988 ; Dictionnaire des philosophes, 1, 2eéd., Paris, 1993, p. 153-154; Jean Borie, « J.-P. Aron, un prince de la table », Saisons d’Alsacen° 126, 1994, p. 113-115 ; R. Kempf, Un ami pour la vie, Paris, 1996 ; Encyclopaedia Universalis, Cd-Rom, 2003.