Fédération
des Sociétés d'Histoire
et d'Archéologie d'Alsace

Région Grand EST - Alsace Haut-Rhin Bas-Rhin
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Les notices NetDBA


BEYERLE

Famille d’administrateurs et d’officiers (C) dont l’ascension sociale commence avec Jean Valentin Beuerlen, Beyerle (★ Haguenau Saint-Georges 12.7.1674 † Strasbourg Saint-Pierre-le-Jeune 13.10.1747), fils de Jean Gaspard Bürle, bourgeois et tisserand ; ∞ Haguenau Saint-Nicolas 1.9.1698 Barbe Schaeffer, fille de Jean Schaeffer, prévôt de La Wantzenau ; receveur de la collégiale de Surbourg et du monastère de Biblisheim lors de son mariage, préteur royal de Huningue 1708,  puis 1710 directeur de la Monnaie royale à Strasbourg où il entre au Magistrat (Grand Sénat 1718, 1722, XV 1739, XIII 1742, ammeistre régent 1740 et 1742).

De ses enfants, il faut citer les quatre suivants :

Edmond Ignace (★ 1705), inscrit en faculté de droit de Strasbourg 13.5.1726, prêtre, chanoine de Saint-Pierre-le-Jeune ; Jean Valentin (★ Strasbourg Saint-Pierre-le-Vieux 23.11.1711), prêtre, chanoine de Saint-Léonard, près de Boersch ; Pierre Marc Charles de Beyerle (★ Strasbourg Saint-Pierre-le-Vieux 10.3.1719 † Mutzig 27.2.1791), ∞ Strasbourg Saint-Pierre-le-Jeune 31.3.1751 Marguerite Jeanne Gschray dite baronne de Gueschray, capitaine de cavalerie au régiment d’arquebusiers de Grassin 1749, colonel commandant son régiment 1757, puis le régiment des Volontaires d’Alsace, brigadier en 1768, et surtout Jean Louis de Beyerle (★ Strasbourg Saint-Pierre-le-Vieux 6.1.1709 † Bischheim, Jardin d’Angleterre, 1.9.1786), ∞ Strasbourg Saint-Louis 13.2.1736 Jeanne Marguerite Chalon, fille de Louis Chnlon, négociant ; directeur de la Monnaie de Strasbourg après son père, il fut à la fin de sa vie l’objet d’une enquête menée en 1784 sur ordre du roi pour fraude sur les alliages et le bruit courut de sa compromission dans l’affaire du collier de la reine et de l’émission de louis d’or à l’effigie « cornue » de Louis XVI (1786). Il avait acquis en 1748 la terre de Niderviller (Moselle) avec la faïencerie fondée en 1735, que sa belle-famille finançait et à laquelle il donna un grand lustre, grâce à des artistes et artisans enlevés à Hannong © et à la manufacture de Meissen. En 1770, il la céda au comte Adam Philippe de Custine pour acheter en 1771 de Jean de Dietrich © la propriété dite Jardin d’Angleterre (Englischer Hof) à Bischheim. Associé en 1772 à la fabrication de chandelles de son beau-père Chalon, il avait aussi acheté le moulin à papier du Wacken pour en faire un atelier de métaux précieux, en activité en 1778.

De ses six enfants, il y a lieu de retenir :

Jean François Gabriel (★Strasbourg Saint-Pierre-le-Vieux 29.1.1750 † Str. 29.3.1796), ∞ Philadelphie (USA) Elisabeth N., d’abord chanoine, il accompagna Rochambeau dans la guerre d’indépendance des États-Unis d’où son surnom de « l’Américain » ; déserteur, il fut détenu sur lettres de cachet à Maréville (Laxou, Meurthe et Moselle) en 1777-1778 et maintenu par sa famille à l’écart comme dissipateur de fortune et libertin ; Marie Louise Claudine (★ 1734 † 3.2.1794), ∞ François Xavier Reiset © qui succéda à son beau-père à la tête de la Monnaie ; Charles, capitaine au régiment d’Alsace 1760, colonel du régiment des recrues de Strasbourg 1765-1768, en garnison à Sélestat 1765, colonel réformé entretenu à la suite de la place de Strasbourg 1766 ; Jean Pierre Louis (★Strasbourg Robertsau 26.8.1738 † 4.2.1805), ∞ Metz 11.7.1769 Marie Françoise du Buat ; magistrat, économiste, littérateur et franc-maçon, immatriculé en faculté de droit de Strasbourg 14.4.1759, avocat au Parlement de Metz 6.2.1762, conseiller 23.8.1770. À la suppression de ce Parlement, nommé conseiller à la Cour souveraine de Nancy où naît son fils Alexis, 1779. Éxilé à Paris après le refus d’enregistrement des édits de mai 1788, il figure en 1792 parmi les six commissaires généraux des monnaies. Arrêté comme suspect le 13.11.1793 et incarcéré au Luxembourg, il fut libéré le 29.8.1794, s’établit imprimeur et édita son Almanach des femmes célèbres par leurs vertus, leur science et leur courage (1797). Sa compétence de numismate et d’économiste lui valut d’être nommé en 1800 chef de bureau au ministère des Finances, chargé des « détails relatifs à l’administration des monnaies, au droit de garantie des matières d’or et d’argent ». Membre de la « Stricte Observance » de Nancy 1777, président de la Grande Loge écossaise de Lorraine et préfet maçonnique de cette province. Dans son De conventu generali latomorum, il critiqua sévèrement le congrès maçonnique de Wilhelmsbad, 1782, et exposa en 1784 ses théories dans un Essai sur la franc-maçonnerie. À Paris, membre de la « Réunion des étrangers ». Autres publications : Essai préliminaire, ou Observations historiques, politiques, théoriques et critiques sur les monnaies..., Paris, 1789 ; Grandes vérités ou adresse... à l’Assemblée nationale, Paris, 1791 ; Beyerlé Philalèthe aux véritables amis de la liberté, observations philosophiques et politiques sur les monnaies d’or et d’argent, P., 1793 ; Observations sur le rapport et le projet de décret relatif à un nouveau système monétaire présenté... par... Loysel, Paris, 1793 ; Encyclopédie monétaire ou essai sur les monnaies et les systèmes monétaires des différents peuples des quatre parties du monde, Paris, 1799.

Pierre Charles et Jean Louis de Beyerle avancèrent, pour justifier leur demande d’anoblissement, entre autres l’existence d’un grand-oncle, Georges Joseph de Beyerlé, baron de Stollhoffen, anobli par Charles VI le 18.2.1719. L’exactitude de cette parenté n’a pas encore été vérifiée, ni l’appartenance à l’Alsace de ce Beyerlé, passé avec sa
postérité, au service de l’Empire.

Archives municipas de Haguenau, FF 205 et reg, paroissiaux ; Archives départementales de la Moselle C 178, 46 ; Archives départementales du Bas-Rhin, 6 E 41, 140 (6.12.1770), 142 (10.5.1771), 148 (9.12.1778), 1006 (26.8.1757) ; Archives municipales de Strasbourg, registres paroissiaux cathuliques ; Bibliothèque nationale Paris, Carrés d’Hozier 91 ; K. Engel. Strassburg als Garnisonsstadt unter dem Ancien Régime, Strassburg, 1901, p. 27 ; Dictionnaire de biographie française, VI. p. 374 ; G. Levallet-Haug, « Le Jardin d’Angleterre », Cahiers alsaciens d’archéologie, d’art et d’histoire, 15, 1971, p. 192-196 ; Histoire de Strasbourg des origines à nos jours, 3, 1981, p. 237.

Louis Kammerer, Jean-J. Leclerc, Marc Mirabel, Christian Wolff (1983)





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