Fédération
des Sociétés d'Histoire
et d'Archéologie d'Alsace

Région Grand EST - Alsace Haut-Rhin Bas-Rhin
L'Alsace
Fédération des Sociétés d'Histoire et d'Archéologie d'Alsace

Les notices NetDBA


BECK Joseph

Militant mutualiste et syndical (C) (★ Gresswiller 30.12.1892 † Strasbourg 21.5.1970).

∞ 21.2. 1931 Hortense Doll. Son père avait été employé de bureau de la manufacture Couleaux. Fréquenta l’école communale de Gresswiller, puis celle de Strasbourg-Cronenbourg où ses parents s’étaient installés. Apprenti-employé de bureau à l’Agence générale de la Compagnie d’Assurance Rhin et Moselle de 1907 à 1910. Encouragé par les vicaires de la paroisse Saint-Florent de Cronenbourg à entrer dans la vie militante en 1909. Devint secrétaire général pour la région Alsace-Lorraine de l’Union des employeurs et salariés de commerce dont le siège social se trouvait à Essen. À Strasbourg, cette institution avait pris le nom d’Argentina (Katholischer kaufmännischer Verein Argentina - K.K.V. Argentina). Milita à partir de 1910 au sein de la commission locale formée de syndicalistes et de personnalités strasbourgeoises (© abbé Schiess, © Dr. Thielé, © Mme A. Aubertin) pour le repos du dimanche. Le personnel des magasins travaillait ce jour de 10 heures du matin à 16 heures du soir. Le droit dominical fut acquis à la veille de la guerre. Participa à la création d’une caisse d’assurances des employés après l’adoption de la loi du 20.12.1911. Cette institution devint la Caisse autonome pour l’Alsace-Lorraine ; membre du comité directeur de cette caisse de 1919 à 1945 (date de fusion avec la Sécurité Sociale). Suivit en 1912, 1913 et en 1914 les cours (législation, théories sociales...) à l’école de formation créée à Mönchen-Gladbach par les organisations catholiques d’inspiration sociale. Les employés catholiques alsaciens avaient manifesté l’intention de créer un syndicat qui aurait dû voir le jour le premier dimanche du mois d’août 1914. La déclaration de guerre brisa ces intentions. Incorporé en 1914, fut gazé sur les fronts des Vosges en 1915. Devint gérant des hospices Stéphanie à Strasbourg-Neuhof en 1917 et le resta jusqu’au mois d’août 1919. Ses amis le décidèrent à revenir dans le syndicalisme en 1919. Secrétaire de l’Association des employés d’Alsace et de Lorraine, créée le 9.3.1919 et favorable au syndicalisme chrétien (le siège de l’Association se confondait avec celui de l’Union Régionale des Syndicats Indépendants), contribua à la création de nombreux services au sein de l’Association des Employés : service de placement, secours de chômage, assistance judiciaire, secours en cas de décès, organisation des loisirs. Lutta contre l’assimilation de la législation du travail et pour le maintien de la législation locale dès 1919 : délai de préavis, salaire en cas de maladie... Créa des cours pour enseigner aux employés les notions élémentaires de la langue française. Vulgarisa le système de sténographie dite méthode rapide, inventée par Eber, qui adaptait la technique allemande à la graphie française. Fut, après 1947, membre du Conseil d’administration du lycée technique commercial, du lycée technique industriel et du conseil de perfectionnement de l’Institut d’économie appliquée aux affaires de l’Université de Strasbourg. Ami de © Michel Walter, © Camille Bilger et © Henri Meck, a soutenu les partis politiques chrétiens en Alsace, mais a toujours refusé de se lancer, déjà en 1919, dans la carrière politique. Remarqué par Gaston Tessier, venu à Strasbourg, il l’accompagna pendant six mois en 1922 ce qui lui permit de s’initier à la législation française du travail et surtout d’apprendre la langue française qu’il pratiqua avec une particulière aisance. Membre du Conseil supérieur du Travail de 1924 à 1937 ; fut avec Gaston Tessier le seil représentant de la C.F.T.C. et des institutions assimilées. Participa à la création des sanatoria de Masevaux, Sainte-Anne, Altenberg, Salem et Boulaye en Moselle, malgré les réserves du mouvement patronal (industrie lourde). Membre du conseil d’administration de l’Institut d’Assurance Invalidité après 1919. Membre du Comité Directeur de la Caisse locale générale des Maladies de Strasbourg à partir de 1924 puis vice-président chargé du service des malades, il prit une part active à la création de la maison de repos « Vieille Église » au Hohwald et à la maison de convalescence pour enfants de Gensbourg près de Oberhaslach. Œuvra dans l’action mutualiste. Les employés, exclus à l’époque de l’Empire allemand du régime de l’assurance maladie, avaient créé des caisses mutuelles qui perdirent en 1919 toute base juridique. B. concourut à la reconnaissance légale de ces caisses et aida à la création de la Caisse de Solidarité et de la Caisse de Prévoyance (fusionnées pendant la seconde guerre mondiale). En 1945 l’introduction de la Sécurité Sociale amena la transformation de la Caisse de Solidarité-Prévoyance en Caisse Mutuelles pour l’assurance complémentaire. Vice-président du Conseil d’administration de la Solidarité-Prévoyance. Secrétaire de la corporation des vitriers pendant la seconde guerre mondiale, sut éviter l’incorporation dans les troupes allemandes de nombreux jeunes vitriers. Son action fut découverte par la Gestapo. Se réfugia à Charbes, près de Villé, le 5.9.1944. Reprit ses activités de secrétaire général en décembre 1944. Il devint président de l’Association des employés d’Alsace et de Lorraine C.F.T.C. au début de 1945. Il démissionna à la suite d’un accident en 1955. Ancien militant en faveur des caisses de retraites complémentaires, il fut élu vice-président de la section départementale de l’institut de retraite de Salariés des Petites et Moyennes Entreprises et fut membre du comité national du même organisme. Élevé dans la dignité de chevalier de la Légion d’honneur en 1962 et promu officier en 1974. Officier des Œuvres Humanitaires.

Union Régionale des syndicats chrétiens d’Alsace et Fédération des syndicats d’Alsace et de Lorraine ; 50 années de syndicalisme chrétien en Alsace et en Lorraine, Programme souvenir, 1952, Imprimerie Alsatia, Colmar, 54 p. ; Le Nouvel Alsacien, 18.11.1962 ; Le Travailleur d’Alsace et de Lorraine, n° 1, janvier 1963 et mai 1974. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français sous la direction de J. Maitron,. t. 18.1982, p. 322-323.

Jean-Pierre Kintz (1983)





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