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Les notices NetDBA


BARTHOLDI Frédéric Auguste

Sculpteur, (P) (★ Colmar 2.8.1834 † Paris 3.10. 1904).

Fils de Jean-Charles Bartholdi (1791-1836), conseiller de préfecture, et de Charlotte Beysser, native de Ribeauvillé (1801-1891). ∞ Jeanne Emilie Baheux de Puysieux (1829-1914), à Newport, le 20.12.1876. En 1836, après la mort du père, la famille s’installe à Paris. Études au lycée Louis Le Grand ; fréquente successivement les ateliers d’Antoine Etex, d’Ary Scheffer et de Jean-François Soitoux. Réalise durant cette période la statue d’Agnès de Hergenheim, fondatrice du couvent d’Unterlinden (1852), un bas-relief représentant Françoise de Rimini (1852). Présente au Salon un Bon Samaritain (1853) et la groupe polychrome des Sept Souabes sans succès. Entreprend en 1856, de juillet à octobre, un voyage en Egypte avec les peintres « orientalistes » Léon Belly, Imer, Jean Léon Gerôme ; y découvre un art monumental qui l’influencera tout au long de sa carrière. Auteur en 1856 de la statue du Général Rapp à Colmar, sa première grande oeuvre. Remporte le premier prix du concours organisé en 1857 par la ville de Bordeaux en vue d’orner la place des Quinconces d’une fontaine monumentale. Ce projet verra finalement le jour... à Lyon en 1889. Retenu par la ville de Marseille (1858) pour l’ensemble architectural du palais de Longchamp dont il réalise la maquette. Achève en 1863 la fontaine de l’Amiral Bruat qui lui vaut la notoriété artistique et l’insigne de la Légion d’honneur, Devient alors un artiste officiel et sollicité. Crée en 1861 la fontaine et la statue du peintre colmarien Martin Schongauer, en 1864, le groupe du Martyr moderne célébrant la Pologne en butte à la convoitise de la Prusse et de la Russie, le monument funéraire de son concitoyen Georges Nefftzer, co-fondateur du Temps et de la revue des Deux-Monde (1865), la statue du général Arrighi à Corte (1868), la statue de Vauban à Avallon (1870) et celle de Vercingétorix à Clermont-Ferrand (1870). Se spécialise ainsi dans la célébration historique et patriotique. Entre-temps, après un nouveau voyage en Egypte, élabore un projet de phare monumental à l’entrée du canal de Suez (1869). Ce projet, qui ne verra jamais le jour, annonce la fameuse Liberté, inaugurée vingt ans plus tard à New-York. Fréquente depuis 1865 Édouard de Laboulaye, professeur au Collège de France, membre de l’Institut, député puis sénateur, artisan et animateur de l’amitié franco-américaine qui rêve de voir la France offrir à l’Amérique un mémorial pour célébrer l’indépendance américaine. Lors des événements de 1870, participe aux combats de Colmar (14.9.1870) en tant qu’adjudant-major de la garde nationale, puis se rend à Tours où le Gouvernement de la Défense nationale le délègue auprès du général italien Giuseppe Garibaldi qui dirige une éphémère armée des Vosges. La guerre 1870 imprègne fortement l’évolution artistique et idéologique du sculpteur. Le Lion de Belfort, commandé au lendemain du conflit et achevé en 1880, la statue de la Liberté, inaugurée le 28.10.1886, illustrent cette voie. Ils constituent tous deux les œuvres maîtresses de l’artiste qui ne doivent pas faire oublier l’abondante production nationale dont les statues de Champollion (1875) au Collège de France, Gribeauval, aux Invalides (1878), Lafayette à Paris (1878), Rouget de l’Isle à Lons-le-Saunier (1882), Diderot à Langres (1884), La Suisse secourant Strasbourg, à Bâle (1895), Gambetta, à Ville d’Avray (1891), Lafayette et Washington à Paris (1892), le Monument des 3 sièges à Belfort (1903), le monument funéraire du sergent Hoff (1904) et celui des Aéronautes de la guerre 1870-71 (1904). Parallèlement, malgré son choix politique, il contribue à l’embellissement de sa ville natale, par le Vigneron (1869), le monument Voulminot au cimetière de Colmar (1872), la statue de Rœsselmann (1888), le prévot colmarien, celle du savant G. A. Hirn (1894), le monument de Lazare de Schwendi (1898) et le tonnelier qui domine la maison des Têtes à Colmar depuis 1902. Artiste officiel, aujourd’hui absent de la plupart des histoires de l’art, Bartholdi est l’antithèse de Rodin. Maître académique, il exprime ses idées et l’idéologie de la IIIe République à l’aide d’un langage artistique traditionnel. Ce n’est pas tant son art qui fit sa réputation que son engagement habilement exploité de son vivant, mais aussi après sa mort. Le Patriotisme, la République, l’Amérique des libertés, l’Alsace française, la Résistance, ont constitué quelques valeurs durables qui ont permis à l’image de Bartholdi de se perpétuer. Il n’en eut pas moins quelques intuitions géniales dont la Liberté éclairant le Monde : par son site et son symbolisme auquel s’identifia longtemps tout un continent, elle est le parfait exemple de l’œuvre qui dépassa l’artiste au point de le faire oublier. Il reste le plus célèbre des artistes alsaciens du XIXe siècle.

Dictionnaire de biographie française, V (1951), p. 641 ; J. Betz, Bartholdi, Paris, 1954 ; « Bartholdi », Annuaire de la Société d’histoire et d’archéologie de Colmar, 1979.

Gabriel Braeuner (1983)





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