Fédération
des Sociétés d'Histoire
et d'Archéologie d'Alsace

Région Grand EST - Alsace Haut-Rhin Bas-Rhin
L'Alsace
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Les notices NetDBA


BAILLIARD Jean-Paul

 

Ingénieur-général de l’armement, (C) (★ Strasbourg 6.6.1924)

Fils de Henri Bailliard, agent général d’assurances, et de Mathilde Burr. ∞ 17.2.1949 à Strasbourg Jacqueline Wersinger (★ Strasbourg 1925) fille d’Alphonse Wersinger, directeur d’école, et d’Anne Liller ; 2 enfants. Frère cadet de Robert Bailliard ©. Études primaires et secondaires au lycée Kléber et au lycée de Périgueux (1939-1940).

Après son retour en Alsace en novembre 1940, Bailliard fut confronté à l’annexion de fait nazie. Une tentative d’évasion échoua en juin 1941 ; arrêté par la Gestapo, il a été placé pour l’achèvement des études secondaires (Abitur) en internat à Obernai en 1941-1942. Enrôlé au Reichsarbeitsdienst (RAD) en octobre 1942 ; il a été incorporé dans la Wehrmacht en avril 1943. Affecté au 59e régiment d’artillerie à Francfort sur Oder. Blessé par éclat d’obus au front de l’Est en février 1944. Hospitalisé à Saalfeld an der Saale, puis en batterie de convalescence à Francfort sur Oder, il a été renvoyé au front fin 1944 dans un Volks-Artillerie-Korps sur le front de Posnanie, à l’est de l’Oder. Il est parvenu à s’évader au moment de l’offensive soviétique sur l’Oder, après avoir récupéré un costume civil dans une teinturerie et en se faisant passer pour un travailleur français, avec sa carte de secouriste de la Croix-Rouge datant de ses années de scoutisme avant guerre, il a réussi à rejoindre les Américains à Tangermünde sur l’Elbe.

Démobilisé à Strasbourg le 30.5.1945, il s’est engagé au début de juin pour pouvoir participer à la victoire, car la guerre n’était pas finie en Extrême-Orient, et a été affecté au 67e régiment d’Artillerie d’Afrique. La guerre terminée, en septembre 1945, il a préparé le concours d’admission comme élève-officier à l’École spéciale militaire interarmes de Coëtquidan où il fut reçu en 1946-1947. À la suite d’un accident de saut en parachute en mai 1947, qui lui a valu sept mois d’hôpital, il a rejoint l’École d’application de l’artillerie à Idar-Oberstein en 1948. Affecté d’octobre 1948 à 1950 comme sous-lieutenant au 24e régiment d’Artillerie blindée en Allemagne, il partit comme lieutenant d’artillerie de 1950 à 1953 faire campagne en Indochine au régiment d’artillerie coloniale du Maroc, puis au régiment blindé colonial d’Extrême-Orient et enfin au 21e groupe d’aviation d’observation d’artillerie dans lequel il effectua 650 heures de vol de guerre. 

À son retour d’Indochine, en 1953, il est entré dans le cycle des études de l’enseignement
militaire supérieur scientifique et technique. Il est passé capitaine en 1955. Licencié ès
Sciences à Strasbourg, il a soutenu au laboratoire de Physique corpusculaire une thèse de doctorat en physique nucléaire. Après l’École d’État-Major en 1958, breveté technique, il a été nommé chef de la division scientifique à l’École militaire de Spécialisation Atomique, où il a formé des expérimentateurs militaire avec lesquels il participa aux premiers essais nucléaires au Sahara en 1960.

Promu chef d’escadron, J. P. Bailliard a été appelé à la Mission Atome de la Délégation ministérielle pour l’armement, il y a été chargé du suivi du développement de la bombe du Mirage IV et des études relatives aux essais nucléaires. Il a participé à ce titre à plusieurs essais souterrains et à la mission de recherche et de conception des sites de tir en Polynésie. Intégré dans le corps des ingénieurs de l’armement, il a été détaché à partir d’octobre 1964 auprès de la Direction des applications militaires du Commissariat à l’énergie atomique. Il y a occupé divers postes de responsabilités : chef du Bureau des programmes généraux ; chef du Service des fabrications spéciales ; chef du Service des prototypes; délégué opérationnel à la mise en service du SSBS (Sol-Sol-Balistique-Stratégique) et du MSBS (Mer-Sol-Balistique-Stratégique), aussi bien au siège à Paris que dans des établissements de province dans la région de Tours et de Bordeaux. En 1971, il a été nommé adjoint au directeur du centre d’études du Ripault, près de Tours, et en 1976, adjoint au directeur des essais avant d’être désigné au début de 1978 comme directeur du CEA en Polynésie et directeur adjoint du Centre d’expérimentation du Pacifique auprès de l’amiral commandant le CEP. A son retour de Polynésie, il a été affecté comme directeur-adjoint au Centre d’études de
Bruyères-le-Châtel, en région parisienne, jusqu’à son admission en retraite anticipée en octobre 1985. Depuis sa retraite à Bischoffsheim, il œuvre dans le domaine historique régional : président de l’Association d’Alsace pour la Conservation des monuments napoléoniens, vice-président, jusqu’en 2003, de la Société des Amis du Vieux-Strasbourg, vice-président des Amis de Rosheim, membre du comité de la Fédération des Sociétés d’histoire et d’archéologie d’Alsace. En relation avec ses antécédents militaires, il est, entre autres, président d’honneur des Anciens et Amis de l’Indochine et du Souvenir indochinois, vice-président du comité de Molsheim et de la Section du Bas-Rhin de la
Société d’entraide des membres de la Légion d’honneur. Conseiller de défense du préfet de
1991 à 1994. Depuis septembre 2000, il a mis son expérience passée au service de la promotion du Mémorial d’Alsace-Moselle (AMAM). Croix de guerre des Territoires d’Opérations Extérieures avec cinq citations (en Indochine); chevalier de la Légion d’honneur en 1954 « pour services exceptionnels de guerre ». Officier de la Légion d’honneur (1966). Commandeur de la Légion d’honneur (1983). Auditeur de l’Institut des Hautes Études de Défense nationale (Nantes, 1976). Titulaire de la médaille de l’Aéronautique. 

Journal du Dimanche du 15.12.2002; Figaro du 13.2.2003; Haute-Alsace, janvier 2003 ; Alphonse Halter, Dictionnaire biographique des maréchaux et généraux alsaciens et des maréchaux et généraux morts en Alsace de l’Ancien Régime à nos jours, Colmar, 1994.

Publications : nombreux articles dans l’Annuaire de l’Association d’Alsace pour la Conservation des monuments napoléoniens ; Annuaire de la Société des Amis du Vieux Strasbourg; Bulletin municipal de Rosheim ; Archives de l’Église d’Alsace; Annuaire de la Société d’histoire et d’archéologie de Saverne et environs.

Cours de physique nucléaire (2e partie), École militaire de spécialisation atomique, Lyon, 4 vol., 1961 ; avec Hervé Bongrain et Yves Perier, (préface de Louis de Broglie), Recueil de problèmes de physique nucléaire avec solutions développées, 4 fasc. ; La Revue d’optique théorique et expérimentale, Paris 1962 ; Rosheim 1939-1945, Chronique des années de guerre, Rosheim, 1994; supplément Rosheim 1995; Rosheim 1914-1918, Chronique du début de siècle, Rosheim, 1998 ; Rosheim au 17e siècle, Rosheim 1995 (en collaboration) ; Kléber après Kléber, Strasbourg 2000 ; D’un millénaire à l’autre, le canton de Rosheim, Strasbourg 2001 ; (en collaboration), Rosheim, archéologie et histoire, 25 ans de recherches et publications, Strasbourg, 2003 ; (en collaboration), La pratique du calendrier en Alsace hier et aujourd’hui, Strasbourg, Fédération des Sociétés d’histoire et d’archéologie d’Alsace (Alsace Histoire, 3), 2009.

Jean-Pierre Kintz (2004)

BAILLIARD Jean-Paul (complément)

† Obernai 5.6.2013

Philippe Legin (septembre 2016)

 





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