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des Sociétés d'Histoire
et d'Archéologie d'Alsace

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Les notices NetDBA


ASCH

Les porteurs de ce patronyme en Alsace descendent tous d’un ancêtre commun installé à Bischheim au milieu du XVIIIe siècle. On compte dans cette famille (I) un grand nombre d’enseignants.

 

Abraham Nathan,

Maître d’école (★ Dresde, Allemagne, 1742 d. Bischheim 31.8.1822).

Fils du rabbin Jacob Nathan, de Dresde, et de Beilen. ∞ 11.7.1780 Guttel Meyer (★ Brumath 1757 d. Bischheim 1827), fille d’Isaac Alexandre et de Mehlen. [Dans son contrat de mariage A. N. Dresden est qualifié de « lettré distingué »] ; 4 fils, dont 2 auront des descendants: Alexandre (1783-1868) et Joël Hirsch (1795-1875), titulaire de la médaille de Sainte-Hélène. Abraham Nathan est arrivé à Bischheim en 1778 et fut recruté pour participer à l’enseignement de la Yechiva (école talmudique) fondée par Cerf Berr ©. Il lui a été associé dans le domaine de l’enseignement et des œuvres charitables (fondation, en 1782, d’une confrérie d’aide aux malades). En 1808, après le décret napoléonien sur les changements de nom, la famille Dresden a choisi de s’appeler Asch, abréviation – en hébreu – d’Eisenstadt, Autriche, la capitale du Burgenland, qui fut une communauté juive florissante dans la première moitié du XVIIIe siècle.

M. Ginsburger, Histoire de la communauté israélite de Bischheim au Saum, Publication de la Société d’Histoire des Israélites d’Alsace et de Lorraine, n° 24, Strasbourg, 1937, p. 43, 51-52, 64, 75 ; A. A. Fraenkel. Mémoire juive en Alsace, Strasbourg, 1995, p. 8 ; Plaquette éditée pour le 25e anniversaire de la synagogue de Bischheim, 1985; Article Ash (Asch), Encyclopedia judaica, III, Jérusalem, 1971, p. 697.

 

Abraham,

Instituteur (★ Bischheim 15.10.1829 d. Strasbourg 15.12.1907).

Fils de Joël (cf. Abraham Nathan ©) et de Gertrude Strauss (★ Weinbourg, 1792). ∞ 13.10.1858 Babette Lévy (★ Bischheim 1.6.1838 d. Strasbourg 16.11.1909), fille de Simon Lévy, banquier, et de Sara Schuhl. 7 enfants, dont Ernest et Jules, banquiers, et Paul, professeur de médecine ©. A. Asch a exercé son métier d’instituteur communal à Lauterbourg. Pendant la guerre de 1870-1871, il rédigea un Journal de Guerre (édité en 1937 à Strasbourg). En 1880, il abandonna ses fonctions d’instituteur et devint secrétaire général du Consistoire israélite de Basse-Alsace. Le beau-père d’A. A. fut le fondateur, en 1810, de la Banque Simon Lévy et Fils devenue, ultérieurement, la Banque Asch à Strasbourg, société en nom collectif dirigée par des fils d’A. Asch, Ernest (1866-1947) et Jules (1880-1957), ou des petits-fils, François (1909-2003), fils de Paul, et Claude (★ 1925), fils de Jules. La banque Asch fut absorbée en 1971 par la Banque de l’Union Européenne.

 

Paul,

Universitaire, médecin, (★ Lauterbourg 12.2.1873 d. Strasbourg 25.8.1947).

Fils d’Abraham Asch ©. ∞ 6.7.1907 à Strasbourg Selma Feist (★ Mannheim, Allemagne 6.9.1885 d. Strasbourg, 1.2.1958), fille de Joseph Feist, directeur de la Manufacture alsacienne des Tabacs, et de Laure Simon. Deux fils, François (1909-2003), banquier, et Frédéric (1913-1991), médecin orthodontiste (thèse sur l’Ankylose temporo-maxillaire, 1938), chef de travaux à la faculté de Médecine de Strasbourg de 1949 à 1951. Paul Asch a obtenu son doctorat en 1896. Il a été nommé Privat-Docent en 1904 puis professeur titulaire à l’université de Strasbourg le 18.12.1911. Médecin au service de dermatologie des Hôpitaux de Strasbourg (dirigé par le professeur Alfred Wolff ©). Spécialiste en dermato-vénérologie et en urologie, Paul Asch s’est consacré particulièrement aux infections uro-génitales (tuberculose, gonococcie). Il a mené des travaux en collaboration avec l’université de Cincinnati. Pendant la guerre de 1914-1918, il parvint à faire exempter des centaines d’Alsaciens du service au front « pour des raisons de santé ».

Nombreuses publications dans les périodiques spécialisés, en particulier Zentralblatt für die Krankheiten der Harn-und Sexualorgane et Zeitschrift für Urologie. Leçon inaugurale (10.3.04) : « Der Wert der Urinuntersuchung für die Diagnose der Erkrankungen der Harnwege , Strassb. Mediz. Zeitschrift, 1904, n° 4. Monographies : P. Asch et A. Adler, Der diagnostische Wert der Gonokokken. Zuzüglich ein weiterer Beitrag zur Frage der Degenerationsformen der Gonokokken, Munich, 1916; P. Asch, Die moderne Therapie der Gonorrhoe beim Manne, Bonn, 1920. Exposé des titres et travaux déposé à la bibliothèque de la Faculté de médecine de Strasbourg.

 

Sylvain,

Economiste (★ Bischheim 16.3.1900 d Condat-sur-Vézère, Dordogne, 2.4.1944).

Fils de Salomon Asch (★ 1855 d. 1943) et de Julie Bauer (★ 1866 d. 1934), arrière-petit-fils d’Alexandre Asch ©. Docteur ès-sciences politiques et économiques de l’université de Strasbourg (1924). Administrateur de sociétés financières, dont certaines au Brésil (Compagnie du chemin de fer Victoria-Minas). Habitait à Paris avant la guerre. Mobilisé en 1939, il a été fait prisonnier à Dunkerque en juin 1940. Il parvint à se faire rapatrier de captivité, en janvier 1942, en simulant une maladie. Installé alors à Rouffignac, Dordogne, il s’engagea activement dans la résistance. Après des affrontements entre maquisards et soldats allemands à Rouffignac, le 30.3.1944, le village fut incendié à titre de représailles. Sylvain Asch fut arrêté par les Allemands et fusillé à Condat-sur-Vézère.

S. Asch, thèse de doctorat : La circulation monétaire, le niveau des prix et le taux d’intérêt. Contribution à la théorie quantitative de la monnaie, Paris, 1924. S. A. Monnaie et finance. Le rôle de la Banque des Règlements internationaux après l’étalon-or, Paris, 1932 ; A. Georges, Souvenez-vous, Montauban, 1945, p. 65-69, sur le drame de Rouffignac.

 

Léopold,

Universitaire, médecin (★ Schiltigheim 14.12.1926).

Fils d’Arthur Asch (★ 1891 d. 1965), commerçant-artisan, et de Jeanne Guthmann (★ 1895 d. 1967). Neveu de Sylvain Asch ©. ∞ 21.3.1961 Gitta Goldberg (★ Metz 17.2.1929), médecin gynécologue, chef de travaux d’histologie à la Faculté de Médecine de Strasbourg de 1961 à 1994. 2 enfants: Laurence (★ 1962) ; Pierre Henri (★ 1964), médecin dermatologue, chef de clinique à la faculté de Médecine de Strasbourg de 1995 à 1997. Études secondaires au lycée Kléber de Strasbourg et au collège de Thonon-les-Bains et supérieures à Lyon et Strasbourg. Licence ès-sciences (1952), doctorat en médecine (1956), agrégation de médecine (1966), maîtrise d’histoire de l’art (1998). Léopold Asch a été nommé professeur à la faculté de Médecine, médecin des Hôpitaux de Strasbourg en 1966. Jusqu’à cette date, il consacrait l’essentiel de son activité à la médecine interne. Après l’agrégation, il s’est employé à introduire, au Centre hospitalo-universitaire de Strasbourg, l’enseignement et la pratique de la rhumatologie, spécialité non représentée antérieurement. Cette activité aboutit à la création, à Strasbourg, d’un service de rhumatologie dont Asch fut nommé chef de service en 1977. Il a fondé la section Alsace de l’Association française de lutte anti-rhumatismale (AFLAR) qu’il a présidée de 1975 à 1978. Président de la Société de Rhumatologie du Nord-Est de 1984 à 1987. Asch n’a cessé de consacrer une part importante de son activité à des recherches de laboratoire. Ses premiers travaux concernaient l’endocrinologie expérimentale, en particulier thyroïdienne et gonadique. À partir de 1965, ses recherches, menées en collaboration avec Gitta Asch, ont porté sur la biologie de l’ossification (mise au point d’un modèle expérimental pour l’étude de l’ostéogénèse). Prix Achard de l’Académie de Médecine (1990).

Léopold Asch, thèse de doctorat : Recherches sur le déterminisme du nombre des corps jaunes chez le cobaye et le rat, Strasbourg, 1956 (prix Laveran de la faculté de Médecine de Strasbourg). Auteur, seul ou en collaboration, d’environ 400 articles consacrés à des sujets de médecine ou de biologie, en particulier d’endocrinologie et de rhumatologie. Publications sur des sujets d’histoire de l’art, dont un livre sur L’Église et la Synagogue dans l’art médiéval. Étude iconographique, Strasbourg, (parution prévue pour 2005). Exposés des titres et travaux de Léopold Asch, Gitta Asch et Pierre-Henri Asch déposés à la bibliothèque de la faculté de Médecine de Strasbourg.

 

Georges,

Universitaire, physicien (★ Schiltigheim, 26.5.1931).

Frère de Léopold Asch ©. ∞ 1965 Betty Ejzenberg (★ Lyon 1.4.1937). Une fille, Muriel (★ 1975), médecin psychiatre. Études secondaires au collège de Thonon-les-Bains et au lycée Fustel de Coulanges de Strasbourg. Études supérieures à l’Université de Strasbourg et à l’École Supérieure d’Électricité de Paris. Licence en 1952 et diplôme d’études supérieures de sciences physiques en 1953. Prix Mainié de la faculté des Sciences de Strasbourg en 1955. Ingénieur de l’École Supérieure d’Électricité en 1955. Doctorat ès sciences physiques en 1960. Chercheur du C.N.R.S. au laboratoire Pierre Weiss © (magnétisme) de la faculté des Sciences de Strasbourg de 1955 à 1960. Georges Asch a été nommé professeur à la faculté des Sciences de Lyon en 1960 et responsable du Laboratoire d’électricité de cette faculté en 1964. Président du groupe Rhône-Bourgogne de la Société des électriciens et électroniciens (1986). Président du Consistoire israélite de Lyon de 1984 à 1986. Délégué général de la Société des amis d’Ampère et responsable de la Maison d’Ampère et du Musée de l’électricité à Poleymieux, Rhône.

G. Asch, thèse de doctorat : Étude par résonance magnétique du facteur de décomposition spectroscopique de métaux et d’alliages ferromagnétiques, 1960 ; G. Asch et coll., Les capteurs en instrumentation industrielle, 1982 ; G. Asch, « Capteurs », Grande Encyclopédie Larousse, supplément, 1985, p. 101-107 ; G. Asch et coll., L’acquisition de données. Du capteur à l’ordinateur, 1999.

Laurence Amzallag (2004)

 





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