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Les notices NetDBA


ARBOGAST (saint)

Evêque de Strasbourg de la seconde moitié du VIe siècle. Fête le 21 juillet. Il n’existe aucune source écrite contemporaine valable, mentionnant Arbogast. Comme documents de l’époque il existe des tuiles trouvées en 1766/67 à l’emplacement de l’ancienne chapelle Saint-Michel, dans l’ancien cimetière gallo-romain et mérovingien (aujourd’hui clinique Sainte-Barbe, rue du Faubourg-National) et en 1908 près de l’angle sud-ouest de la cathédrale. Leur estampille porte l’inscription : ARBOASTIS EPS FICET, dans un cadre rectangulaire, aux extrémités en forme de queues d’aronde, comme on les trouve sur les tuiles romaines. Il n’est pas téméraire d’en conclure que : 1) à l’époque mérovingienne Arbogast reprit l’exploitation des tuileries antiques, alors que les traditions de l’artisanat romain n’étaient pas encore complètement effacées par les envahisseurs alamans, 2) il remplaça par un sanctuaire chrétien les lieux de culte romains à l’intérieur du castellum des légionnaires et en éleva un autre extra muros dans le cimetière gallo-romain. Le premier sanctuaire apparaît dans les documents écrits dès 728 comme église cathédrale dédiée à Marie ; selon la Vita, légendaire par ailleurs, écrite au Xe siècle, le second renfermait le tombeau d’Arbogast, la présence du sarcophage y est encore attestée pour les XIVe et XVIe siècles. Dans le plus ancien catalogue des évêques de Strasbourg, Arbogast tient le sixième rang ; il y est le premier évêque qui porte un nom germanique. Son deuxième successeur, Ansoald, siégea au concile de Paris (614) ; l’épiscopat d’Arbogast se situe donc vers 550-575 (et non au VIIe ou au VIIIe s. comme le voudraient la Vita et les faux du XIIe s.), c’est-à-dire à l’époque où les Mérovingiens entreprirent d’incorporer dans leur royaume les Alamans d’Alsace et de les christianiser. Arbogast devait entreprendre cette lourde tâche.

 

André Marcel Burg (1982)



Sources

Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, I, p. 52-53 ; R. Forrer, Strasbourg-Argertorate, II, Strasbourg, 1927, p. 749-750 ; Dictionnaire de biographie française III, 1939, p. 125-128 ; M. Barth, Der heilige Arbogast, Bischof von Strassburg, seine Persönlichkeit und sein Kult, Colmar, 1940 ; Regesten der Bischöfe von Strassburg, Innsbruck, 1908, I, n° 10-13 ; R. Will, « L’autel-reliquaire de Saint-Arbogast de la chapelle Saint-Michel à Strasbourg », Archives de l’Église d’Alsace, 23, 1956, p. 125-128.




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